Home SantéPourquoi vos suppléments de vitamine D pourraient ne pas fonctionner

Pourquoi vos suppléments de vitamine D pourraient ne pas fonctionner

by Sophie Martin

Le magnésium pourrait être la clé pour optimiser les niveaux de vitamine D dans l’organisme, selon une nouvelle étude menée par des chercheurs du Vanderbilt-Ingram Cancer Center. Les résultats suggèrent que ce minéral essentiel ne se contente pas d’augmenter la vitamine D, mais agit comme un régulateur, ramenant les taux élevés vers une fourchette plus saine.

L’étude, publiée dans The American Journal of Clinical Nutrition, a révélé que la supplémentation en magnésium augmentait les niveaux de vitamine D chez les personnes présentant une carence, tout en les diminuant chez celles qui en avaient déjà suffisamment. Ces découvertes apportent un éclairage nouveau sur les débats persistants concernant le rôle de la vitamine D dans la prévention de maladies, notamment le cancer colorectal.

« Le magnésium ne se contente pas d’augmenter la vitamine D de manière générale », explique le Dr Qi Dai, professeur Ingram de recherche sur le cancer et auteur principal de l’étude. « Il semble agir comme un régulateur, ce qui pourrait être important pour réduire le risque de maladie lié à un déséquilibre en vitamine D. »

Les chercheurs ont observé que les personnes souffrant d’une carence en magnésium avaient souvent également de faibles niveaux de vitamine D, ce qui avait déjà été suggéré par des recherches antérieures menées par la même équipe en 2013. L’étude actuelle confirme cette observation et apporte une preuve clinique que le magnésium pourrait aider à maintenir un niveau optimal de vitamine D.

Selon les chercheurs, la fourchette de vitamine D considérée comme la plus saine se situe au milieu d’une courbe en forme de U. Des études observationnelles antérieures ont associé cette fourchette moyenne à un risque plus faible de maladies cardiovasculaires.

Cependant, l’efficacité de la vitamine D dans la prévention des maladies cardiovasculaires reste incertaine, comme l’a montré l’essai VITAL. Le Dr Dai et son équipe, dont la Dre Martha Shrubsole, professeure-chercheuse en médecine à la Division d’épidémiologie, examinent actuellement si le magnésium pourrait expliquer ces résultats contradictoires.

« De nombreuses informations sont débattues sur la relation entre la vitamine D et le risque de cancer colorectal, sur la base d’études observationnelles et d’essais cliniques », souligne la Dre Shrubsole. « Les informations sont mitigées jusqu’à présent. »

L’étude a inclus 250 adultes présentant un risque accru de cancer colorectal, en raison de facteurs de risque connus ou d’antécédents de polypes précancéreux. Les participants ont reçu des suppléments de magnésium ou un placebo, avec des doses adaptées à leur apport alimentaire habituel.

La carence en magnésium est un problème de santé publique sous-estimé aux États-Unis, où jusqu’à 80 % de la population ne consomme pas suffisamment de magnésium quotidiennement pour atteindre l’apport alimentaire recommandé (AJR). L’insuffisance en vitamine D est également largement reconnue.

« De nombreuses personnes ont reçu des recommandations de leurs prestataires de soins de santé pour prendre des suppléments de vitamine D afin d’augmenter leurs niveaux en fonction de leurs analyses de sang », précise la Dre Shrubsole. « Cependant, en plus de la vitamine D, la carence en magnésium est un problème sous-estimé. »

Les chercheurs recommandent de privilégier une alimentation riche en magnésium, notamment les légumes-feuilles foncés, les haricots, les grains entiers, le chocolat noir, les poissons gras comme le saumon, les noix et les avocats.

You may also like

Leave a Comment