Publié le 3 décembre 2025 à 15h00. Partager son verre ou non ? L’obsession de l’hygiène, exacerbée par la pandémie, nous pousse-t-elle à un excès de prudence qui pourrait affaiblir notre système immunitaire ?
- L’échange de salive, dans un contexte familial sain, peut renforcer le système immunitaire en l’exposant à de petites quantités de bactéries.
- Une étude du TNO a révélé qu’un baiser français de 10 secondes permet l’échange de 80 millions de bactéries.
- Il existe toutefois des situations où il est préférable d’éviter de partager son verre, notamment en cas d’herpès labial, de grippe ou de problèmes dentaires.
Après la pandémie de Covid-19, la conscience de l’hygiène a atteint des niveaux inédits. Désinfecter, se laver les mains, éviter tout contact… autant de réflexes qui se sont ancrés dans nos habitudes. Mais cette obsession de la propreté pourrait-elle avoir des conséquences inattendues sur notre santé ? Des experts s’interrogent sur le fait que nous soyons allés trop loin dans la stérilisation de notre environnement.
Considérez votre système immunitaire comme un muscle : plus vous l’entraînez, plus il devient fort. En l’isolant complètement, en évitant toute exposition à des microbes, vous risquez de le rendre paresseux. L’exposition régulière à de petites quantités de bactéries provenant de notre entourage – notre partenaire, nos enfants – permet de le maintenir en alerte et de renforcer ses défenses. Les immunologistes parlent même, sur un ton humoristique, de « micro-vaccination ».
« Étude sur les baisers » du TNO
L’idée que nous échangeons massivement des bactéries n’est pas nouvelle et a fait l’objet de nombreuses recherches aux Pays-Bas. Le Professeur Remco Kort, microbiologiste au TNO et à la Vrije Universiteit, a mené une étude célèbre sur les baisers.
Ses travaux ont révélé qu’un simple baiser français de 10 secondes permet l’échange de près de 80 millions de bactéries. Si cela peut paraître rebutant, il s’avère que les couples qui s’embrassent fréquemment (et partagent donc leurs verres) ont un microbiome plus similaire, ce qui les rend plus résistants aux agressions extérieures. Boire une gorgée du verre de son partenaire pourrait donc être considéré comme une version allégée d’un baiser passionné.
Quand faut-il éviter de partager ?
L’échange de salive n’est pas toujours une bonne idée. Voici quelques exceptions où il est préférable de garder son verre pour soi :
- L’herpès labial : Ce virus est extrêmement contagieux et se transmet facilement par le biais de la verrerie.
- La grippe ou la Covid-19 : En cas de maladie, il est préférable de prendre ses distances pour éviter de contaminer son entourage.
- Les caries : La bactérie responsable des caries, Streptococcus mutans, est également transmissible. Si votre partenaire a de nombreux problèmes dentaires, il est préférable de ne pas partager son verre.
Conclusion : partagez ce cocktail (avec prudence)
Si vous et votre partenaire êtes en bonne santé, n’ayez pas peur de partager une gorgée d’eau ou une bouchée de nourriture. Cela ne vous rendra pas malade, mais contribuera au contraire à renforcer votre système immunitaire. C’est une forme d’amour biologique à l’échelle microscopique.
Santé
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Journal du microbiome, Allesoverhetgebit.nl (KNMT), RIVM -
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