Home Affaires“Que mangez-vous maintenant?” La peur se propage… sans précédent [글로벌 머니 X파일]

“Que mangez-vous maintenant?” La peur se propage… sans précédent [글로벌 머니 X파일]

by Amélie Bernard

Publié le 5 octobre 2025 à 07h30. L’intelligence artificielle générative transforme en profondeur le monde du travail, en particulier les fonctions de bureau et les services externalisés, avec des conséquences potentiellement importantes pour l’emploi, notamment pour les femmes.

  • Un quart des emplois est désormais exposé à l’automatisation par l’IA, un chiffre qui monte à un tiers dans les pays à revenu élevé.
  • Les tâches répétitives et basées sur des règles, comme la saisie de données et la gestion de calendriers, sont les premières concernées.
  • Les Philippines et l’Inde, leaders de l’industrie de l’externalisation, pourraient être particulièrement touchées.

L’automatisation des tâches administratives et de support, autrefois cantonnée aux grandes entreprises, se démocratise grâce au développement des agents d’IA. Contrairement aux assistants virtuels traditionnels, ces agents sont capables de comprendre leur environnement de travail, de définir des objectifs et d’agir de manière autonome, permettant une automatisation de bout en bout des processus.

Selon un rapport publié en mai par l’Organisation internationale du Travail (OIT) et l’Institut national de recherche polonais (NASK), un quart des emplois est exposé à l’IA générative. Ce chiffre grimpe à un tiers dans les pays à revenu élevé. Les emplois de bureau sont particulièrement vulnérables à cette pression d’automatisation. Le rapport souligne qu’il ne s’agit pas seulement d’une amélioration de l’efficacité, mais d’un changement structurel qui réduit la nature même du travail de bureau.

L’IA a déjà automatisé des tâches de base telles que l’entrée de données, le formatage de documents et la gestion des calendriers. Les emplois d’administration et de soutien sont en première ligne. L’introduction de l’IA s’accompagne souvent d’une volonté d’améliorer la productivité de chaque employé, mais elle réduit également le nombre de postes traditionnels.

L’impact de l’IA n’est pas neutre sur le plan du genre. Selon le rapport de l’OIT, 4,7 % des emplois occupés par des femmes sont les plus exposés à l’automatisation, contre seulement 2,4 % pour les hommes. Cet écart est encore plus marqué dans les pays à revenu élevé (9,6 % pour les femmes contre 3,5 % pour les hommes), en raison de la concentration des femmes dans les postes administratifs et de bureau.

Le développement des agents d’IA est un moteur clé de cette automatisation. Ces agents, contrairement aux assistants d’IA classiques qui réagissent aux requêtes, sont capables de reconnaître leur environnement de travail, de définir des objectifs et d’agir en conséquence. Ils permettent ainsi une automatisation complète des fonctions de support, telles que les ressources humaines, la finance et le juridique.

Dans le domaine du recrutement, l’IA automatise désormais l’analyse des offres d’emploi, la publication d’annonces, le tri des CV et la planification des entretiens. Certaines entreprises utilisent même des agents d’IA pour mener des entretiens préliminaires et évaluer l’adéquation des candidats. Selon une enquête menée par Gartner, une société mondiale de conseil en informatique, 82 % des responsables RH prévoient d’introduire une fonction d’agent d’IA dans les 12 prochains mois. Ils estiment que ces agents pourraient remplacer en moyenne 9 % de la main-d’œuvre totale dans les deux ans.

Les grandes entreprises technologiques américaines réduisent leurs effectifs dans les domaines des ressources humaines, en remplaçant une partie des demandes d’information du personnel par des chatbots alimentés par l’IA, comme le rapporte le Financial Times.

Parallèlement à cette automatisation descendante, une automatisation “fantôme” se développe, portée par les employés eux-mêmes. Ces derniers utilisent des outils de traduction, de résumé et de documentation pour améliorer leur productivité individuelle, sans que cela soit officiellement intégré dans la stratégie de l’entreprise. Cette tendance réduit la demande pour les tâches de support traditionnelles, telles que l’assistance administrative et la traduction.

L’industrie de l’externalisation, en particulier dans les Philippines et en Inde, est particulièrement vulnérable. Aux Philippines, elle représente 8,5 % du PIB et emploie environ 2 millions de personnes. En Inde, le marché de l’externalisation dépasse 200 milliards de dollars. Le Fonds monétaire international (FMI) a averti que ces secteurs sont particulièrement exposés au risque de suppression d’emplois. L’arbitrage des coûts de main-d’œuvre ne se limite plus aux frontières géographiques, mais se joue désormais entre le “travail humain” et les “opérations informatiques”.

En Corée, l’adoption de l’IA se répand rapidement dans les secteurs des télécommunications et de la finance, ainsi que dans les bureaux. Le marché du centre de contact de l’IA (AICC) devrait croître de 23,7 % par an, passant d’environ 42,14 millions de dollars en 2020 à 35,088 milliards de dollars en 2030, selon Alide Market Research.

Face à cette transformation, les travailleurs de l’industrie de l’externalisation doivent se réinventer. Il s’agit de se tourner vers des services à haute valeur ajoutée qui nécessitent des compétences humaines uniques, telles que l’empathie et la résolution de problèmes complexes. De nouveaux métiers émergent, tels que les gestionnaires de chatbots, les formateurs d’IA, les inspecteurs de données et les auditeurs de processus d’IA.

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