Publié le 24 décembre 2025 08:07:00. Une perte de l’odorat, souvent négligée, pourrait être un signe précoce de la maladie de Parkinson, parfois même des années avant l’apparition des premiers symptômes moteurs. Des recherches récentes mettent en lumière le rôle crucial du bulbe olfactif dans le développement de cette maladie neurodégénérative.
- Plus de 90 % des patients atteints de la maladie de Parkinson présentent des modifications de leur sens de l’odorat avant que les troubles moteurs ne se manifestent.
- Le bulbe olfactif, particulièrement vulnérable aux dommages, pourrait être le point de départ de la maladie dans certains cas.
- Des similitudes sont observées avec la maladie d’Alzheimer, suggérant un lien entre les troubles olfactifs et les maladies neurodégénératives.
Longtemps sous-estimé, le sens de l’odorat s’avère être un indicateur potentiellement précieux pour un diagnostic précoce de la maladie de Parkinson. Des études récentes révèlent que des altérations de l’odorat peuvent survenir plusieurs années avant l’apparition des symptômes moteurs classiques, tels que les tremblements ou la rigidité.
Le bulbe olfactif, structure cérébrale responsable de l’interprétation des odeurs, joue un rôle central dans ce processus. Contrairement à d’autres régions du cerveau, il ne produit pas de nouvelles cellules nerveuses après la naissance, ce qui le rend particulièrement sensible aux agressions extérieures. Selon les chercheurs, des virus, des toxines ou des produits chimiques inhalés pourraient provoquer des lésions au niveau du bulbe olfactif, déclenchant ainsi une cascade d’événements conduisant à la maladie de Parkinson.
Les symptômes observés ne se limitent pas à une simple perte de l’odorat. Certains patients, notamment les femmes, rapportent même des hallucinations olfactives, percevant des odeurs inexistantes. D’autres signalent une incapacité à détecter les odeurs neutres ou désagréables, tout en conservant la capacité de sentir les odeurs agréables. Ces changements subtils, bien que souvent ignorés, pourraient constituer des signaux d’alerte importants.
Des recherches parallèles menées sur la maladie d’Alzheimer mettent en évidence des mécanismes similaires. Des lésions du locus coeruleus, une structure du tronc cérébral impliquée dans la connexion entre l’odorat, l’émotion et l’attention, pourraient également être un facteur déclenchant précoce de la maladie. Lorsque cette connexion est rompue, le sens de l’odorat se détériore souvent avant l’apparition d’autres symptômes.
Si la perte de l’odorat peut être un signe avant-coureur, elle n’est pas pour autant une preuve définitive de la maladie de Parkinson. D’autres facteurs, tels que les infections, le vieillissement, le stress ou l’exposition à des substances irritantes, peuvent également en être la cause. Cependant, les chercheurs estiment que ces changements, même mineurs, méritent d’être pris en compte, surtout lorsqu’ils s’accompagnent d’autres signaux d’alerte.
Un diagnostic précoce est crucial pour les patients atteints de la maladie de Parkinson, car au moment où les symptômes typiques se manifestent, plus de la moitié des cellules productrices de dopamine, responsables du contrôle des mouvements, ont déjà disparu. Les tests olfactifs, combinés à d’autres examens complémentaires, pourraient donc devenir des outils précieux pour identifier la maladie à un stade précoce et mettre en place un traitement adapté.
La perte de l’odorat n’est donc pas une preuve, mais un indice précieux qui peut orienter les investigations médicales et permettre une prise en charge plus rapide et plus efficace.

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