Publié le 30 octobre 2025 14h32. De plus en plus de Belges investissent en Espagne, mais les procédures de succession peuvent s’avérer complexes et coûteuses, bloquant parfois l’accès aux biens et aux comptes bancaires pendant des mois.
- Les prix de l’immobilier en Espagne continuent d’augmenter, un appartement modeste dépassant désormais les 200 000 euros, avec des hausses de 100 à 300 % en dix ans.
- Les successions impliquant des Belges résidents en Espagne sont soumises à des exigences administratives strictes, notamment la validation par un notaire belge et l’accord explicite des enfants.
- Le blocage des comptes bancaires est une conséquence fréquente de ces complications, pouvant perdurer indéfiniment en l’absence de documents parfaitement conformes.
Un simple héritage en Espagne peut se transformer en véritable parcours du combattant pour les Belges. C’est l’expérience amère vécue par une héritière qui témoigne des difficultés rencontrées pour débloquer ses comptes après le décès de son conjoint. Elle a dû faire appel à un avocat espagnol et rassembler une montagne de documents : acte de mariage, actes de naissance des enfants, procurations…
« Tout ceci doit être dûment traduit et apostillé par le ministère des Affaires étrangères à Bruxelles ou réalisé devant un notaire en Espagne », explique-t-elle, craignant que cela ne suffise pas et que ses comptes, tant en Belgique qu’en Espagne, restent bloqués.
Après avoir signé l’acte notarié homologuant la succession en août, elle attend toujours, un mois plus tard, que celui-ci soit enregistré et traduit en français par un traducteur juré, puis apostillé, afin de pouvoir enfin le présenter aux banques et débloquer ses fonds.
« Quand bien même les époux ont signé un contrat de mariage dans lequel il est expressément indiqué que le survivant peut récupérer le patrimoine et donc le ou les biens immobiliers, le notaire veut s’en assurer »
Source anonyme
Ce cas de figure n’étonne guère Étienne Baudouin, avocat basé à Manilva et à Marbella. « J’ai actuellement plusieurs cas similaires », confie-t-il, ajoutant qu’il en rencontre sans doute plus que d’autres, grâce à sa maîtrise du français.
« Je ne peux expliquer pourquoi ces cas sont en augmentation, mais c’est un fait », indique-t-il. Il y voit la conséquence d’une volonté des notaires espagnols d’éviter toute contestation. « Même si les époux ont signé un contrat de mariage précisant que le survivant peut récupérer le patrimoine, le notaire veut s’en assurer. Et ce doublement : d’une part, auprès d’un notaire belge qui certifiera, avec un acte d’hérédité à l’appui, que la loi belge autorise cette transmission ; d’autre part, auprès des enfants, qui devront donner leur accord, avec une certification officielle à la clé. »
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En Espagne, les enfants sont les héritiers légaux, même en présence d’un testament, la part réservataire leur étant allouée à hauteur des deux tiers du patrimoine. « C’est vraiment cela qu’il est important de comprendre », souligne Me Baudouin. « La législation espagnole étant différente, les notaires veulent s’assurer que ce type de succession est légale et que les enfants acceptent que le parent survivant hérite, c’est-à-dire qu’ils renoncent à leurs droits. » Ils feraient de même si des résidents belges signaient, en Belgique, un testament léguant tous leurs biens au seul survivant.
Il est important de noter que ces complications ne concernent que les successions de Belges résidents en Espagne. Si les héritiers ne sont pas résidents, bien qu’ils soient propriétaires, c’est la loi belge qui s’applique, sans que cela dispense d’une déclaration de succession en Espagne pour les biens situés sur le territoire espagnol.
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