Publié le 10 octobre 2025 17:32:00. L’essor de la voiture électrique, bien que porteur d’espoir pour l’environnement, soulève des inquiétudes quant à la sécurité des piétons. Une étude suédoise révèle que les systèmes d’alerte sonore actuels s’avèrent insuffisants pour signaler efficacement la présence de ces véhicules silencieux.
- Les voitures électriques, en raison de leur faible niveau sonore, présentent un risque accru pour les piétons, les cyclistes, les personnes âgées et les personnes malvoyantes.
- Une étude menée par l’Université Chalmers de Göteborg démontre que les piétons ont du mal à déterminer la direction d’où provient le son émis par les véhicules électriques, même avec les systèmes d’alerte sonore (AVAS) en place.
- Les chercheurs suggèrent de modifier les exigences relatives aux systèmes AVAS pour qu’ils soient plus directionnels et de compléter ces dispositifs par des solutions d’éclairage ou d’alerte intelligentes.
La transition vers une mobilité plus verte est en marche, mais elle ne doit pas se faire au détriment de la sécurité routière. Si les voitures électriques sont souvent perçues comme une solution d’avenir, leur discrétion pose un problème croissant, particulièrement pour les populations vulnérables.
En 2019, l’Union européenne a rendu obligatoire l’installation d’un Système d’alerte sonore du véhicule (AVAS) sur tous les véhicules électriques et hybrides roulant jusqu’à 20 km/h. L’objectif était de pallier le manque de bruit de ces véhicules et d’avertir les usagers de la route de leur présence. Cette exigence s’est étendue à tous les nouveaux modèles dès 2021. Cependant, une récente étude remet en question l’efficacité de ce dispositif.
Des chercheurs de l’Université Chalmers de Göteborg ont mené une expérience impliquant 55 participants, principalement des étudiants et du personnel universitaire, afin d’évaluer la capacité des gens à localiser la source du son émis par des véhicules électriques. Les résultats se sont avérés préoccupants : même si le son était audible, les participants éprouvaient des difficultés à déterminer sa direction. La confusion était d’autant plus grande en présence de plusieurs véhicules électriques simultanément.
L’étude a comparé différents types de sons d’alerte, allant de simples sifflements à des tonalités modulées. Les participants devaient identifier la source du son diffusé depuis différentes directions. Sur les 52 participants dont les données ont été retenues (3 ont été écartées en raison d’imprécisions), la localisation des véhicules à moteur thermique s’est avérée beaucoup plus facile que celle des véhicules électriques. Plus le nombre de véhicules électriques impliqués dans l’expérience augmentait, plus les résultats étaient décevants.
Selon Leon Meller, l’un des auteurs de l’étude, le principal défaut des systèmes AVAS actuels réside dans leur manque de précision.
« Le système génère simplement du son, mais il ne permet pas de comprendre combien de voitures approchent et d’où elles viennent. »
Leon Meller, auteur de l’étude
L’âge moyen des participants à l’étude était de 25,5 ans, ce qui signifie que les tests ont été réalisés sur des personnes relativement jeunes et en bonne santé. Or, la population européenne vieillit, et avec l’âge, la vision, l’audition et les réflexes diminuent. Si les jeunes adultes sont déjà perturbés par le bruit des véhicules électriques, on peut légitimement s’interroger sur les difficultés que rencontreront les piétons plus âgés.
Les scientifiques suggèrent plusieurs pistes pour améliorer la situation. Il serait nécessaire de modifier les exigences relatives aux systèmes AVAS afin de rendre les sons plus directionnels et de diversifier les tonalités pour faciliter l’identification de l’emplacement du véhicule. D’autres solutions, telles que l’installation de dispositifs d’éclairage supplémentaires, de radars ou de systèmes d’alerte intelligents pour piétons dans les villes, pourraient également être envisagées.
La révolution de la voiture électrique est inéluctable, mais elle s’accompagne de nouveaux défis. Le progrès technologique doit non seulement améliorer la qualité de vie, mais aussi garantir la sécurité de tous. Ignorer le problème du danger silencieux pourrait entraîner une augmentation des accidents. Il est donc urgent de prendre conscience de cette menace discrète et d’agir en conséquence.
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