Publié le 19 octobre 2025 à 23h27. Après un rêve brisé chez Northvolt, Rodney Kakwano, un ingénieur ougandais, espère retrouver une opportunité professionnelle en Suède grâce à l’essor de nouvelles entreprises du secteur des batteries, Stegra et Lyten.
- Rodney Kakwano a connu un parcours semé d’embûches en Suède, entre espoirs d’une carrière prometteuse et déceptions liées à des licenciements massifs.
- Une amitié inattendue avec un prêtre suédois a joué un rôle crucial dans son adaptation et son maintien du moral.
- Il se bat pour obtenir un permis de travail et relancer sa carrière dans le secteur des batteries suédois.
L’histoire de Rodney Kakwano est celle d’un parcours semé d’espoir et de désillusions. Arrivé en Suède avec l’ambition de construire une vie meilleure, il a d’abord connu la réussite grâce à une bourse d’études en économie industrielle à Karlskrona. Le choix de la Suède n’était pas anodin : son frère aîné y avait déjà étudié, et le pays scandinave n’avait jamais été une puissance coloniale en Afrique.
« Mon frère m’a encouragé et m’a dit : lance-toi dans l’aventure ! Tu seras surpris. »
Rodney Kakwano
Les premiers mois furent difficiles, marqués par la solitude et une première crise de panique. Après avoir consulté un médecin, Rodney a suivi son conseil et a intégré un collectif, rejoignant également un club de tennis local. C’est sur les courts que la solitude s’est dissipée et que des amitiés se sont nouées.
Après l’obtention de son diplôme, des cours de langue suédoise et un emploi d’été chez Textilia AB, Rodney s’est senti prêt à postuler pour un emploi à temps plein. Son objectif était de rejoindre le nord du pays, où se concentraient les opportunités. Après de nombreuses candidatures et quelques entretiens, il a finalement reçu une offre d’emploi dans une usine de batteries, une promesse d’un nouveau départ.
Mais l’espoir fut de courte durée. En septembre 2024, Northvolt a annoncé le licenciement de 1 000 employés à Skellefteå, et Rodney a été parmi les victimes. Il lui restait alors trois mois pour trouver un nouvel emploi et rester en Suède.
C’est dans ce contexte difficile qu’une amitié inattendue a pris son essor. Lors d’une rencontre pour les nouveaux arrivants, il a fait la connaissance du prêtre Hans Marklund, qui a commencé à lui parler en swahili, sa langue maternelle. Une relation forte s’est rapidement développée, et Rodney a été intégré à la famille de Hans, passant des moments précieux à la campagne, participant aux tâches quotidiennes et se sentant comme “un poisson dans l’eau”.
« Quand je vivais en Ouganda, c’était comme nager dans une piscine. Mais lorsque j’ai déménagé en Suède, la vie s’est étendue comme un océan de possibilités. »
Rodney Kakwano
De retour à Karlskrona après son licenciement, la recherche d’emploi s’est avérée infructueuse. En mai, Rodney a pris la difficile décision de retourner à Kampala, en Ouganda. Son retour a été accueilli avec déception par sa famille et ses amis, qui avaient placé beaucoup d’espoir dans sa réussite en Suède. Il était perçu comme un modèle, un jeune homme qui avait réussi à saisir une opportunité à l’étranger.
Le prêtre Hans Marklund a tenu à accompagner Rodney et sa future épouse Martina en Ouganda pour leur mariage, auquel ont participé 1 200 invités. Il a également pris la parole pour expliquer à la famille que le retour de Rodney n’était pas un échec, mais une conséquence des difficultés rencontrées par Northvolt.
Aujourd’hui, Rodney continue de chercher un emploi en Suède, tout en aidant son frère dans sa ferme à Kampala. L’annonce de l’investissement de Stegra à Boden a ravivé ses espoirs. Il a déjà postulé pour un poste de technicien de laboratoire et attend avec impatience une réponse.
Il garde également un œil sur Lyten, une autre entreprise du secteur des batteries, et espère pouvoir postuler à nouveau lorsque de nouvelles opportunités se présenteront. Il souligne l’importance pour ces entreprises de créer un environnement de travail sûr et stable, en particulier pour les travailleurs migrants.

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