Les marchés financiers pourraient connaître une phase de diversification en 2026, après une période de forte concentration sur les géants technologiques américains. Des signaux encourageants indiquent un élargissement de la croissance, avec une performance accrue des entreprises de taille moyenne et une possible redistribution des parts de marché à l’échelle mondiale.
Fin 2025, les sept plus grandes entreprises du S&P 500, surnommées le « Magnificent-7 », dominaient le marché, concentrant à elles seules 46,7 % de la capitalisation boursière de l’indice. Parallèlement, les États-Unis représentaient un poids considérable de 65 % dans l’indice MSCI All Country World. Les analystes estimaient alors qu’un rééquilibrage était nécessaire.
Dès le 7 décembre de l’année dernière, une note interne soulignait la pertinence de ne plus privilégier systématiquement la surpondération de certains secteurs ou des États-Unis dans les portefeuilles d’investissement. Le 13 décembre, une autre analyse prévoyait une possible perte de dynamisme du « Magnificent-7 » en 2026, en raison d’une concurrence accrue dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA).
Jusqu’à présent, cette prévision semble se confirmer. La croissance du S&P 500 et du MSCI All Country World s’est étendue à un plus grand nombre d’entreprises, et cette tendance devrait se poursuivre. Actuellement, 82,8 % des sociétés du S&P 500 affichent une augmentation de leurs bénéfices à terme sur trois mois, et 82 % présentent une hausse de leur bénéfice par action. Ces chiffres suggèrent un marché haussier durable.
Le ratio entre le S&P 100 et le S&P 500, qui avait atteint un pic fin 2025, semble s’éloigner des niveaux observés lors de la bulle technologique de 1999. Cette évolution laisse entrevoir un risque moindre de rupture brutale du marché, et plutôt une expansion progressive de la croissance.
La même dynamique se dessine pour le rapport entre la pondération du marché du S&P 500 et l’indice élargi. La récente baisse de ce ratio pourrait signaler une nouvelle phase de diversification. Le S&P 500 à pondération égale a d’ailleurs atteint des sommets historiques, tandis que le S&P 500 à pondération de marché n’a pas encore suivi.
Les secteurs de la technologie de l’information et des services de communication, qui avaient atteint une part record de 46,7 % de la capitalisation boursière du S&P 500, pourraient voir leur domination relative diminuer. Malgré une part record de 40 % des bénéfices cumulés de l’indice, les investissements massifs dans l’IA et les pressions sur les marges pourraient freiner leur croissance future.
La rivalité pour la suprématie dans le domaine de l’IA, qualifiée de « Game of Thrones » par les analystes, a intensifié la concurrence entre les géants technologiques. Cette course aux armements a mis fin à une période de coexistence pacifique et de monopoles bien établis. Le ratio entre certains ETF a culminé après un commentaire de Michael Burry, un investisseur connu, le 31 octobre 2025, évoquant la possibilité de bulles spéculatives.
Par ailleurs, les entreprises de taille moyenne (SmallCap et MidCap) surperforment les grandes capitalisations (LargeCap) depuis le début de l’année, confirmant l’élargissement du marché haussier. Ces entreprises, moins chères que les grandes capitalisations en termes de ratio cours/bénéfices à terme, affichent également des signes de reprise de leurs bénéfices.
À l’échelle mondiale, la domination des États-Unis pourrait atteindre son apogée, avec une part de capitalisation boursière de 64 % dans l’indice MSCI All Country World. Bien que les États-Unis restent un acteur majeur, la croissance des classes moyennes dans les économies émergentes pourrait entraîner une redistribution des parts de marché. Le ratio cours/bénéfices à terme du MSCI All Country World reste inférieur à celui des États-Unis, ce qui pourrait favoriser une diversification géographique des investissements.
Pour aller plus loin
