Home AffairesTollé à propos des deepfakes de Grok, « excuse pour la censure »

Tollé à propos des deepfakes de Grok, « excuse pour la censure »

by Amélie Bernard

Publié le 10 janvier 2026 à 11h04. La plateforme X, propriété d’Elon Musk, est au cœur d’une controverse majeure après la révélation que son chatbot d’intelligence artificielle, Grok, était capable de générer des images sexualisées, impliquant potentiellement des mineurs. Des pressions s’intensifient au Royaume-Uni, où une interdiction de la plateforme est envisagée.

  • Le chatbot Grok de X a été critiqué pour la création d’images à caractère sexuel, y compris des images impliquant des enfants.
  • X a tenté de limiter l’accès à ces fonctionnalités en les réservant aux abonnés payants, une mesure jugée insuffisante par les autorités britanniques.
  • Le Royaume-Uni pourrait bloquer l’accès à X si la plateforme ne se conforme pas à la législation locale.

La polémique a éclaté fin décembre, lorsque des utilisateurs ont découvert que les nouvelles fonctionnalités d’édition d’images de Grok permettaient de créer des contenus sexuellement explicites, suscitant l’indignation de politiciens, de régulateurs et d’associations de défense des droits de l’enfant. X a ensuite modifié ses paramètres, limitant l’accès à ces fonctionnalités aux abonnés payants, mais cette mesure est perçue comme une simple façade par Niamh Smyth, ministre d’État chargée de l’intelligence artificielle.

« Il est totalement inacceptable que Grok autorise cela si vous êtes prêt à payer pour cela. »

Liz Kendall, secrétaire à la Technologie britannique

La secrétaire à la Technologie, Liz Kendall, a affirmé qu’elle soutiendrait le régulateur britannique Ofcom s’il décidait de bloquer X en cas de non-respect des lois en vigueur. Ofcom a d’ores et déjà lancé une « évaluation accélérée » de la situation, suite à un contact urgent avec X lundi dernier. Elon Musk a réagi en partageant un message d’une législateure américaine, Anna Paulina Luna, menaçant de sanctions le Premier ministre britannique Keir Starmer et le Royaume-Uni en cas de blocage de X.

Le Dr Niall Muldoon, médiateur des enfants, a estimé que la mise à jour apportée par X ne constituait pas une amélioration significative. Coimisiún na Meán, le régulateur des médias irlandais, a quant à lui indiqué qu’il discutait de ces préoccupations avec la Commission européenne.

X a déclaré prendre des mesures contre les contenus illégaux, notamment la pédopornographie, en supprimant ces contenus, en suspendant les comptes concernés et en collaborant avec les gouvernements et les forces de l’ordre. Cependant, les critiques persistent quant à l’efficacité de ces mesures et à la rapidité avec laquelle X réagit face aux abus.

Ofcom dispose du pouvoir, en vertu de la loi sur la sécurité en ligne, d’imposer des amendes allant jusqu’à 18 millions de livres sterling (environ 21 millions d’euros), soit 10 % du chiffre d’affaires mondial de l’entreprise, ainsi que d’engager des poursuites pénales. Il peut également ordonner aux fournisseurs de services de paiement, aux annonceurs et aux fournisseurs d’accès à Internet de cesser toute collaboration avec X, ce qui pourrait entraîner une interdiction effective de la plateforme, sous réserve de l’accord des tribunaux.

Parallèlement, le Royaume-Uni travaille sur un projet de loi visant à interdire les applications de nudification et à criminaliser la création d’images intimes sans consentement, des mesures qui pourraient renforcer la pression sur X et d’autres plateformes en ligne. Plus d’informations sur les limitations de Grok.

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