Publié le 2025-12-10 06:02:00. L’impasse persistante entre la direction de l’aéroport et le conseil d’administration de la DAA (Dublin Airport Authority) prend une nouvelle tournure, le ministre des Transports ayant bloqué le versement d’une indemnité de départ de près d’un million d’euros à son directeur général, Kenny Jacobs.
- Le ministre des Transports, Darragh O’Brien, a refusé d’approuver un accord de règlement de 960 000 € (environ 1 500 000 USD) pour Kenny Jacobs.
- Les relations entre la direction et le conseil d’administration se sont détériorées suite à des préoccupations concernant la performance de M. Jacobs, révélées par une enquête interne.
- Les négociations entre les parties, menées avec l’aide d’un médiateur, ont échoué, laissant planer l’incertitude sur l’avenir de la direction de la DAA.
La crise au sein de la DAA, qui gère les aéroports de Dublin et de Cork, s’envenime. En novembre dernier, Darragh O’Brien a mis son veto à l’indemnité de départ convenue en septembre, après une médiation menée par Kieran Mulvey, expert en relations industrielles. Le ministre a demandé à Kenny Jacobs et au conseil d’administration de poursuivre les discussions en vue d’une réconciliation, ce qui a conduit à une nouvelle série de pourparlers juridiques, restés infructueux il y a une quinzaine de jours.
Les tensions sont apparues au cours de l’été, lorsque les administrateurs ont exprimé des doutes quant à l’aptitude de M. Jacobs à diriger l’entreprise. Cette remise en question faisait suite à deux signalements internes et à des inquiétudes soulevées lors d’une enquête menée par un avocat, Mark Connaughton SC, sur des allégations de fautes professionnelles. Bien que ces allégations n’aient pas été retenues, le conseil d’administration a choisi de ne pas approfondir les autres points soulevés, préférant confier le dossier à la médiation.
Suite à l’échec des dernières négociations, Kenny Jacobs a exprimé son souhait de trouver un terrain d’entente avec le conseil d’administration. Ce dernier n’a pas encore répondu à cette proposition, mais une décision est attendue prochainement. Cependant, les positions restent très éloignées et, selon certains observateurs, une réconciliation semble peu probable. La question d’éventuelles mesures disciplinaires à l’encontre de M. Jacobs se pose alors.
La DAA s’est refusée à tout commentaire sur la situation, se contentant d’indiquer que le conseil d’administration “refuse de commenter”. Aucune réaction n’a été obtenue auprès de M. Jacobs. En novembre, le conseil d’administration avait réaffirmé au ministre O’Brien sa position initiale, approuvant à l’unanimité l’accord de règlement en septembre.
Selon des sources proches du dossier, le conseil d’administration avait envisagé plusieurs options en août, dont l’ouverture d’une procédure disciplinaire ou la présentation d’une motion de défiance à l’encontre de M. Jacobs. Ces options ont été à nouveau examinées en novembre, après le blocage de l’indemnité de départ. Il est largement admis que ces démarches pourraient entraîner des poursuites judiciaires de la part de M. Jacobs.
Même si un litige judiciaire impliquerait des coûts supplémentaires, l’issue finale serait tranchée devant les tribunaux, et non plus dans le domaine politique où le ministre O’Brien avait le pouvoir d’approuver ou de rejeter l’accord de médiation. D’autres options envisagées par le conseil d’administration, telles que l’ouverture d’une nouvelle enquête sur les allégations initiales, pourraient également déboucher sur un conflit juridique.
La médiation était perçue comme une solution moins coûteuse et moins risquée sur le plan juridique. Les responsables du conseil d’administration estimaient qu’elle était préférable, dans les circonstances, aux yeux du département du ministre O’Brien. L’accord de médiation nécessitait également l’approbation du ministre des Dépenses publiques, Jack Chambers, qui n’a pas fait de déclaration publique à ce sujet.
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