Publié le 8 décembre 2025 à 12h00. L’ancien président syrien Bachar al-Assad vit à Moscou sous étroite surveillance russe, près d’un an après avoir fui Damas. Son exil est assorti de restrictions sévères, tandis que l’état de santé de son épouse, Asma, inquiète.
- Bachar al-Assad a fui la Syrie en décembre 2024 après la prise de Damas par les forces du président par intérim Ahmed al-Sharaa.
- La Russie lui a accordé l’asile, mais impose des conditions strictes : absence de toute activité politique ou médiatique.
- Des informations font état de problèmes de santé pour Bachar al-Assad et son épouse, Asma, atteinte d’une leucémie.
Près d’un an après son départ précipité de Syrie, Bachar al-Assad demeure à Moscou, mais son existence est loin d’être celle d’un ancien dirigeant libre. Selon plusieurs sources, l’ancien président syrien est soumis à des restrictions strictes imposées par les autorités russes. Ses déplacements sont limités et toute apparition publique lui est interdite. Il avait quitté Damas le 8 décembre 2024, lorsque les forces fidèles au président par intérim Ahmed al-Sharaa ont pris le contrôle de la capitale.
Huit jours après son exil, al-Assad avait publié une unique déclaration publique, affirmant que son départ « n’était pas planifié à l’avance » et qu’il comptait poursuivre les combats. Moscou avait toutefois insisté pour un « retrait immédiat ».
Depuis, le silence est quasiment total. Seul son fils aîné, Hafez – portant le nom de son grand-père – a brièvement fait parler de lui en février dernier, publiant une vidéo le montrant marchant près du Kremlin et évoquant le départ précipité de sa famille. Al-Assad lui-même n’a pas pris la parole depuis.
En octobre, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a confirmé que Bachar al-Assad et sa famille résidaient à Moscou, expliquant que la Russie leur avait accordé l’asile pour des raisons humanitaires.
L’ambassadeur de Russie en Irak, Elbrus Kutrashev, a précisé en avril 2025 que cet asile était assorti de conditions strictes. Al-Assad devait s’abstenir de toute apparition dans les médias et de toute activité politique, selon ses déclarations à l’agence de presse de la République islamique.
L’état de santé de l’ancien président syrien a également suscité des inquiétudes. L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a affirmé en septembre qu’al-Assad avait été hospitalisé dans un état critique après un présumé empoisonnement, passant neuf jours dans un hôpital de la banlieue de Moscou avant de sortir le 29 septembre. Sergueï Lavrov a cependant démenti ces informations en octobre, assurant qu’al-Assad “n’a aucun problème à vivre dans notre capitale”. L’OSDH, basé au Royaume-Uni, affirme que les services secrets russes maintiennent al-Assad sous une protection exceptionnellement stricte, limitant considérablement ses mouvements et l’empêchant de s’exprimer publiquement.
L’épouse d’al-Assad, Asma, est confrontée à une épreuve encore plus grave. Diagnostiquée avec une leucémie myéloïde aiguë en mai 2024, elle avait déjà combattu un cancer du sein et avait été déclarée guérie en 2019. Selon le journal britannique The Telegraph, les médecins lui donnaient 50% de chances de survie fin décembre 2024, la présentant comme isolée dans un hôpital moscovite pour éviter toute infection.
Selon l’hebdomadaire allemand Die Zeit, al-Assad résiderait dans le quartier financier moderne de Moscou, dans des appartements de luxe dotés de hauts plafonds et de grandes baies vitrées, avec un accès facile aux centres commerciaux et aux restaurants. Une source proche de la famille aurait révélé qu’elle possédait plusieurs appartements et séjournait parfois dans une villa à l’extérieur de Moscou. Cette même source affirme qu’al-Assad “passe une grande partie de son temps à jouer à des jeux vidéo en ligne”, protégé par des gardes du corps d’une société de sécurité privée financée par le gouvernement russe.
Entre 2018 et 2019, le régime d’al-Assad aurait transféré environ 250 millions de dollars (237 millions d’euros) en espèces à Moscou, et au moins 18 appartements de luxe auraient été acquis par des membres de sa famille dans la ville, selon les médias. Le Département d’État américain estimait en 2022 la fortune familiale d’al-Assad entre 1 milliard et 2 milliards de dollars (950 millions et 1,9 milliard d’euros), provenant du « trafic d’armes et de drogue et de l’économie de la rente » via des sociétés écrans.
Le gouvernement de transition syrien dirigé par Ahmed al-Sharaa a demandé l’extradition d’al-Assad pour qu’il soit jugé. La Russie a refusé, le Kremlin affirmant que le président Vladimir Poutine lui avait personnellement accordé l’asile et que celui-ci ne serait pas remis en question.
