Home AffairesUn avocat poursuit l’IRS pour reconnaître les animaux de compagnie comme personnes à charge

Un avocat poursuit l’IRS pour reconnaître les animaux de compagnie comme personnes à charge

by Amélie Bernard

Publié le 19 décembre 2025 à 22h40. Une avocate américaine a intenté une action en justice contre l’Internal Revenue Service (IRS), l’administration fiscale américaine, pour tenter de faire reconnaître les animaux de compagnie comme des personnes à charge déductibles des impôts, ouvrant une nouvelle voie dans la définition juridique de la famille et des obligations financières.

  • Amanda Reynolds, une avocate basée dans le New York et l’Utah, a déposé une plainte demandant au tribunal de considérer son golden retriever, Finnegan, comme une personne à charge.
  • L’avocate argumente que son chien remplit toutes les conditions de dépendance financière prévues par le code fiscal américain, à l’exception du fait qu’il n’est pas humain.
  • L’IRS a demandé la suspension de l’examen de la plainte, estimant qu’elle ne repose sur aucun fondement juridique solide.

Amanda Reynolds, avocate agréée dans les États de New York et de l’Utah, a pris une initiative juridique pour le moins originale. Elle a déposé une plainte auprès du tribunal de district de l’Est de New York, visant à obtenir la reconnaissance de son golden retriever de huit ans, Finnegan, comme une personne à charge aux fins de l’impôt sur le revenu. Selon l’avocate, Finnegan dépend entièrement d’elle pour sa nourriture, son logement, ses soins médicaux, son éducation, son transport et son bien-être général.

Reynolds soutient que son chien, qui ne dispose d’aucune source de revenu indépendante et dont les dépenses annuelles dépassent 5 000 $ (environ 4 600 €), satisfait à tous les critères de dépendance définis par l’article 152 du Code des impôts américain, à l’exception de son espèce. Elle estime qu’il est injuste de ne pas permettre aux contribuables de déduire les dépenses liées à leurs animaux de compagnie, alors que divers crédits et déductions sont accordés pour les personnes à charge humaines, comme le crédit d’impôt pour enfants ou le crédit pour personnes à charge.

L’avocate dénonce une discrimination injustifiée, arguant qu’il n’y a pas de différence significative, sur le plan financier, entre un animal de compagnie et un animal d’assistance, qui bénéficie déjà de certains avantages fiscaux. Elle va même jusqu’à suggérer que les chiens devraient être considérés comme des « quasi-citoyens » ayant droit à une reconnaissance civile limitée, notamment en matière fiscale.

Cependant, le tribunal ne semble pas disposé à donner suite à cette demande. Le juge James Wicks a accordé une requête de l’IRS visant à suspendre l’examen préliminaire de la plainte, en attendant la présentation d’une requête de rejet anticipé. Cette décision signifie que le tribunal souhaite d’abord évaluer si l’affaire est recevable avant d’engager des investigations plus approfondies.

L’IRS estime que la plainte de Reynolds est dépourvue de fondement juridique. Elle souligne notamment que l’avocate n’a jamais tenté de déclarer son chien comme personne à charge, ni ne peut prouver avoir subi un préjudice réel. De plus, l’administration fiscale invoque des lois qui interdisent généralement les contestations des cotisations et des recouvrements fiscaux. Elle conteste également la validité de la notification de la plainte.

Enfin, l’IRS rappelle que les lois fiscales et la jurisprudence existante ne reconnaissent pas les animaux comme des personnes à charge. Le juge Wicks a également souligné que le quatorzième amendement de la Constitution américaine ne s’applique pas aux agences fédérales et que la revendication basée sur le cinquième amendement est peu susceptible de réussir.

Cette affaire, bien que peu susceptible de changer la donne en matière de fiscalité des animaux de compagnie, soulève des questions intéressantes sur la définition de la famille et les droits des animaux dans la société contemporaine.

Golden Retriever

sarijii – stock.adobe.com

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