Publié le 16 octobre 2025 à 09h30, mis à jour à 12h15. Un ancien agent de sécurité de l’ambassade américaine en Norvège a été condamné à trois ans et sept mois de prison pour espionnage au profit d’États étrangers, mais a été acquitté de l’accusation de corruption.
- Un Norvégien a été reconnu coupable d’activités de renseignement au profit d’États étrangers.
- La peine prononcée est inférieure aux six ans de prison requis par l’accusation.
- L’accusé a été acquitté de l’accusation de corruption.
Le tribunal de district d’Oslo a rendu son verdict dans cette affaire sensible, concluant que l’ancien agent de sécurité avait compromis la sécurité nationale en partageant des informations avec des agents russes et iraniens. L’homme, dont le nom n’a pas été divulgué, avait été arrêté l’année dernière et accusé d’espionnage et de corruption.
Selon l’accusation, l’individu a menti sur ses habilitations de sécurité et a exagéré son rôle au sein de l’ambassade américaine afin de donner plus de poids aux informations qu’il transmettait. Il aurait notamment contacté des représentants russes et iraniens, motivé par son désaccord avec la politique américaine au Moyen-Orient, en particulier concernant le conflit israélo-palestinien.
Le procureur Carl Fredrik Fari s’est dit satisfait du verdict, estimant que le tribunal partageait son interprétation des preuves.
« Il semble que le tribunal de district partage fondamentalement notre point de vue sur les preuves et sur la manière dont ces dispositions doivent être interprétées. »
Carl Fredrik Fari, procureur
Il a toutefois précisé qu’il était trop tôt pour décider de faire appel, la décision dépendant de l’analyse approfondie du jugement.
La défense, assurée par les avocats John Christian Elden et Inger Zadig, a exprimé sa déception. Ils soutiennent que les informations partagées par leur client étaient soit inventées, soit facilement accessibles à partir de sources publiques, et ne constituaient donc pas une menace pour la sécurité nationale.
« Les informations partagées par mon client sont principalement soit inventées, soit facilement disponibles à partir de sources ouvertes. »
Inger Zadig, avocate
Ils affirment également que l’homme n’avait pas accès à des documents classifiés sensibles.
Le tribunal a toutefois estimé que les informations divulguées pouvaient nuire non seulement aux intérêts de sécurité des États-Unis, mais également aux intérêts nationaux fondamentaux de la Norvège. L’accusé a admis avoir rencontré en Serbie en 2024 Vladimir Kalinov, un ancien diplomate russe identifié par le PST (Service de police de sécurité) comme son officier de liaison.
Concernant l’accusation de corruption, le tribunal a estimé que la réception de 10 000 euros en espèces par l’accusé, provenant de sources russes, ne pouvait pas être considérée comme un acte de corruption lié à l’exercice de ses fonctions. L’arrêt précise que les actions de l’homme étaient en contradiction directe avec ses responsabilités au sein de l’ambassade.
La défense et l’accusation vont maintenant examiner attentivement le jugement avant de décider s’ils feront appel de la décision.
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