Home SantéUn nouveau médicament améliore l’efficacité et réduit la toxicité dans le cancer du sein à haut risque

Un nouveau médicament améliore l’efficacité et réduit la toxicité dans le cancer du sein à haut risque

by Sophie Martin

Publié le 18 octobre 2024 16:32:00. Une nouvelle thérapie ciblée, administrant la chimiothérapie directement aux cellules cancéreuses, offre des résultats prometteurs pour les patientes atteintes d’un cancer du sein à un stade précoce considéré à haut risque de récidive. Ces résultats, présentés à Berlin, pourraient changer la donne dans le traitement de cette forme de cancer.

  • Un essai clinique international démontre une amélioration significative des résultats chez les patientes grâce à un nouveau traitement.
  • Le traitement, basé sur un conjugué anticorps-chimiothérapie (immunoconjugué), réduit le risque de récidive.
  • Cette nouvelle approche présente une toxicité moindre que la chimiothérapie traditionnelle aux anthracyclines.

Une étude de phase III, nommée DESTIN-Sein11, a révélé que le trastuzumab deruxtecán (T-DXd) améliore considérablement le taux de réponse pathologique complète – l’absence totale de cellules cancéreuses après le traitement – chez les patientes atteintes d’un cancer du sein HER2+ à un stade précoce. L’étude a impliqué 641 patientes, dont la moitié a reçu le T-DXd suivi d’un traitement standard par paclitaxel, trastuzumab et pertuzumab (THP), tandis que l’autre moitié a suivi le schéma thérapeutique conventionnel à base d’anthracyclines et de THP.

Les résultats sont sans appel : 67,3 % des patientes traitées avec l’association expérimentale ont obtenu une réponse pathologique complète, contre 56 % dans le groupe ayant reçu le traitement standard. Selon le chercheur Santiago Escriva de Romaní, du Groupe Cancer du Sein de l’Institut d’Oncologie Vall d’Hebron (VHIO),

« Nous disposons d’une nouvelle classe de médicaments, les immunoconjugués, qui associent un anticorps à une chimiothérapie. Jusqu’à présent, ils étaient utilisés dans le cancer du sein avancé, mais cet essai a évalué leur efficacité dans les stades précoces de la maladie à haut risque. »

Santiago Escriva de Romaní, chercheur au Groupe Cancer du Sein de l’Institut d’Oncologie Vall d’Hebron (VHIO)

Environ un patient sur trois diagnostiqué à un stade précoce est considéré comme présentant un risque élevé de récidive. Le traitement standard pour ces patientes implique généralement une chimiothérapie aux anthracyclines, des médicaments efficaces mais associés à des effets secondaires potentiellement graves à long terme, notamment des complications cardiovasculaires. Le T-DXd, un conjugué d’anticorps qui cible spécifiquement les cellules tumorales HER2+, permet de délivrer la chimiothérapie directement à la tumeur, minimisant ainsi les dommages aux cellules saines.

Le T-DXd est déjà approuvé en Espagne pour le traitement du cancer du sein HER2+ avancé en cas d’échec des traitements antérieurs. Ces nouvelles données suggèrent qu’il pourrait également être bénéfique pour les patientes à un stade précoce mais à haut risque, en particulier celles présentant des tumeurs de grande taille ou des ganglions lymphatiques atteints. Les résultats de l’étude ouvrent la voie à une possible extension de son utilisation à ces patientes.

Source : EFE

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