Une équipe de l’Université du Chili a mis en évidence les propriétés anti-inflammatoires de la baie dorée, également connue sous le nom d’uchuva. Des recherches récentes suggèrent que cet agrume andin pourrait offrir une approche complémentaire pour soulager les maladies inflammatoires de l’intestin.
L’étude, publiée dans le Journal de l’Association américaine de nutrition, démontre qu’un extrait de Physalis peruviana, soumis à une digestion simulée, réduit significativement les marqueurs de l’inflammation intestinale dans des modèles cellulaires. Les chercheurs de l’Institut de Nutrition et Technologie Alimentaire (INTA) ont mené cette recherche, dirigée par le Dr Miguel Arredondo, directeur du Laboratoire de micronutriments.
L’équipe a utilisé une approche innovante en simulant le processus digestif humain en trois étapes – orale, gastrique et intestinale – pour évaluer l’impact réel de la consommation de ce fruit. « Nous avons fait une digestion artificielle en laboratoire, en utilisant des enzymes et des solutions digestives à 37 °C, simulant les temps digestifs réels », explique Daniela Moya, doctorante et co-auteure de l’étude.
Les résultats ont révélé une diminution des niveaux de trois marqueurs inflammatoires clés : les cytokines IL-8 et IL-18, ainsi que la protéine chimioattractante des monocytes. Bien que d’autres molécules inflammatoires n’aient pas montré de changements significatifs, les chercheurs considèrent ces résultats comme encourageants.
« De toute évidence, il possède des propriétés anti-inflammatoires, données par ses composés bioactifs », souligne le Dr Arredondo. « L’apparition d’autres types de composés bioactifs ouvre de nouvelles possibilités d’étude concernant les propriétés de ce fruit. »
Les maladies inflammatoires de l’intestin (MII), telles que la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse, affectent des millions de personnes et se caractérisent par des épisodes chroniques d’inflammation intestinale. Les traitements actuels, bien que souvent efficaces pour soulager les symptômes, peuvent entraîner des effets secondaires indésirables.
« Les traitements d’origine pharmacologique détériorent significativement la qualité de vie de ces patients », précise Daniela Moya. « La consommation de ce fruit ne constitue pas un remède, elle doit être considérée comme une thérapie complémentaire pour tenter de réduire les symptômes et la progression de la maladie. »
L’équipe de recherche souligne également le potentiel de la baie dorée pour l’agriculture chilienne. « Il est facile à cultiver et résistant, mais peu produit dans le pays. Promouvoir sa culture et sa consommation pourrait apporter des bénéfices nutritionnels et fonctionnels », ajoute Moya.
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