Home SantéUne maladie courante pourrait être un facteur de risque clé pour la maladie de Parkinson, selon une étude

Une maladie courante pourrait être un facteur de risque clé pour la maladie de Parkinson, selon une étude

by Sophie Martin

Publié le 10 octobre 2025 à 17h30. Une nouvelle étude révèle un lien possible entre le syndrome des jambes sans repos (SJSR) et un risque accru de développer la maladie de Parkinson, suggérant un rôle clé de la dopamine dans les deux affections.

  • Une étude menée en Corée du Sud indique que les patients atteints du SJSR présentent un risque 60 % plus élevé de développer la maladie de Parkinson.
  • Les patients atteints du SJSR traités par agonistes dopaminergiques semblent avoir un risque considérablement réduit de développer la maladie de Parkinson.
  • Les chercheurs explorent si les agonistes dopaminergiques pourraient avoir un effet neuroprotecteur contre la maladie de Parkinson.

La maladie de Parkinson, une maladie neurodégénérative affectant le système nerveux central, se manifeste par des tremblements, une lenteur des mouvements et une raideur musculaire. On estime qu’elle touche environ 1 personne sur 336 aux États-Unis. Bien que ses causes exactes restent inconnues, on pense qu’elle résulte d’une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux.

Une nouvelle étude, publiée dans JAMA Network Open, met en lumière un lien potentiel entre le syndrome des jambes sans repos (SJSR), également connu sous le nom de maladie de Willis-Ekbom, et un risque accru de développer la maladie de Parkinson. Le SJSR est une affection neurologique caractérisée par une envie irrésistible de bouger les jambes, souvent accompagnée de sensations désagréables. Ces symptômes tendent à s’aggraver la nuit ou en position assise ou allongée.

L’étude, menée auprès de plus de 18 000 patients – dont la moitié souffrait de SJSR et l’autre constituait un groupe témoin – a révélé que l’incidence de la maladie de Parkinson était 60 % plus élevée chez les personnes atteintes du SJSR. L’âge médian des participants était de 50 ans, et 62,8 % étaient des femmes.

Un aspect particulièrement intéressant de l’étude concerne l’utilisation d’agonistes dopaminergiques. Les chercheurs ont constaté que les patients atteints du SJSR qui prenaient ces médicaments (qui imitent les effets de la dopamine, un neurotransmetteur essentiel au contrôle des mouvements) présentaient une incidence de la maladie de Parkinson de seulement 0,5 %, contre 2,1 % dans le groupe non traité. La dopamine est également un neurotransmetteur dont les niveaux sont réduits chez les patients atteints de la maladie de Parkinson, ce qui explique pourquoi les agonistes dopaminergiques sont souvent utilisés dans son traitement.

Les auteurs de l’étude soulignent qu’il ne s’agit pas d’une preuve définitive que les agonistes dopaminergiques préviennent ou ralentissent la progression de la maladie de Parkinson, mais suggèrent qu’ils pourraient avoir un effet neuroprotecteur qui mérite d’être exploré plus avant. Ils notent également que le lien entre le SJSR et la maladie de Parkinson pourrait être plus complexe et impliquer d’autres mécanismes que la simple voie dopaminergique.

Cette découverte s’inscrit dans un contexte de recherches croissantes sur les causes de la maladie de Parkinson. D’autres études récentes ont notamment établi un lien entre le pégivirus humain, un virus transmis par le sang, et le développement de la maladie.

Selon la Fondation du Syndrome des Jambes Sans Repos, au moins 3 millions d’Américains sont touchés par cette affection, et ses symptômes peuvent se manifester non seulement dans les jambes, mais aussi dans les bras ou même le visage. Certains experts estiment que le SJSR est largement sous-diagnostiqué, avec des estimations suggérant que 7 à 8 % de la population américaine pourrait en être atteinte.

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