Publié le 24 juillet 2025. Des chercheurs de l’Université du Kansas ont mis en évidence l’intérêt de ralentir le débit de parole pour améliorer la compréhension des personnes atteintes de sclérose latérale amyotrophique (SLA), une maladie neurodégénérative affectant la communication.
- Ralentir le débit de parole peut améliorer la clarté de l’élocution chez les patients atteints de SLA.
- Une nouvelle étude analyse les mouvements physiques de la bouche et la production vocale pour mieux comprendre les mécanismes en jeu.
- Les résultats pourraient permettre de personnaliser les thérapies orthophoniques et d’améliorer le diagnostic de la SLA.
La sclérose latérale amyotrophique (SLA), une maladie neurodégénérative progressive, affecte souvent la capacité à parler clairement. Une équipe de recherche de l’Université du Kansas s’intéresse aux stratégies permettant d’améliorer la communication des personnes atteintes de cette pathologie. Leurs travaux, récemment publiés dans le Journal de recherche sur la parole, le langage et l’audition, suggèrent qu’adopter un rythme de parole plus lent pourrait être une solution efficace.
Panying Rong, professeur agrégé au département Speech-Language-Hearing: Sciences & Disorders, explique que l’objectif de ses recherches est d’améliorer la détection précoce et le suivi des troubles de la communication chez les patients atteints de maladies neurodégénératives. En analysant les changements subtils dans le contrôle du rythme de la parole, les chercheurs espèrent personnaliser les interventions orthophoniques et affiner le diagnostic et le pronostic de la maladie.
L’étude, menée avec son ancienne étudiante diplômée, Erin Liston, a consisté à analyser un ensemble de données publiques grâce à des microfaisceaux de rayons X. Cette technologie a permis d’enregistrer avec précision les mouvements de la langue, des lèvres et de la mâchoire de locuteurs sains et de personnes atteintes de SLA, tant dans un style de parole habituel que dans des styles modifiés. Les participants ont été invités à parler plus clairement que d’habitude (« parole claire ») ou plus lentement que d’habitude (« parole lente »).
En comparant les données des mouvements physiques de la bouche avec la production orale enregistrée, Rong et Liston ont pu identifier les caractéristiques rythmiques propres à chaque style de parole. Ils ont constaté que les deux stratégies – parole claire et parole lente – améliorent l’intelligibilité de la parole chez certains patients, mais pas chez tous.
« Des expériences antérieures ont montré que ces deux stratégies, mises en œuvre sur la base de signaux simples, améliorent efficacement l’intelligibilité ou la clarté de la parole chez certaines personnes et pas chez d’autres. Il existe des incohérences substantielles entre les locuteurs, et nous ne savons pas pourquoi. »
Panying Rong, professeur agrégé
« Notre objectif est de développer un cadre de modulation rythmique pour caractériser la manière dont le cerveau module les rythmes de la parole dans différents styles de parole et, à son tour, influence l’efficacité de ces stratégies d’intervention », précise Rong. Les chercheurs cherchent à identifier les changements physiologiques subtils qui se produisent au niveau subclinique en réponse aux signaux de parole claire et lente, afin de déterminer quelle stratégie est la plus adaptée à chaque patient.
Cette étude représente une étape importante vers une approche plus personnalisée de la prise en charge de la SLA, une maladie dont les symptômes et la progression varient considérablement d’un individu à l’autre. En identifiant les déficits d’élocution spécifiques à chaque patient, il sera possible de proposer des interventions sur mesure et d’optimiser les résultats.
« C’est pourquoi il y a tant de plaidoyer en faveur de la médecine personnalisée – un concept centré sur la prestation de la bonne intervention à la bonne personne au bon moment afin d’optimiser les résultats. »
Panying Rong, professeur agrégé
Pour en savoir plus sur les travaux de Rong et Liston, vous pouvez consulter l’article original : doi.org/10.1044/2025_jslhr-24-00286.
