Belém, Brésil – Plus de 1 000 organisations internationales plaident pour une action climatique plus juste et équitable, alors que les négociations climatiques de la COP30 s’intensifient. Elles mettent en garde contre le risque de voir la transition écologique accentuer les inégalités et laisser des populations entières sur le bord de la route.
Cette demande se traduit par une lettre ouverte adressée à tous les États parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), appelant à une transition juste centrée sur les personnes. Les signataires, issus de syndicats, de mouvements autochtones, féministes et de jeunesse, ainsi que de groupes paysans et de défenseurs de l’environnement, soulignent que la promesse de l’Accord de Paris, il y a dix ans, de protéger les droits et les moyens de subsistance des populations lors de la transition écologique, n’a pas été tenue.
« Au lieu de cela, nous avons vu l’action climatique au point mort, les inégalités se creuser et les gens laissés pour compte », déplore la lettre. Si la mise en place d’un programme de travail pour une transition juste à la COP27 a été saluée comme une étape importante, les organisations estiment que « les mots ne peuvent à eux seuls retenir la marée ».
Au cœur des discussions à Belém se trouve le Mécanisme d’action de Belém (BAM), un nouveau cadre financier et de coordination proposé par la CCNUCC. Il vise à transformer les principes de la transition juste en un plan d’action concret, en identifiant les obstacles, les opportunités et l’aide internationale nécessaire pour réaliser cette transition dans différents secteurs et pays. Cependant, ce mécanisme divise les négociations, le G77 (une coalition de pays en développement) et la Chine s’opposant aux pays développés, dont le Royaume-Uni.
« Nous suivons les négociations du programme de travail pour une transition juste. Et ce que nous constatons, c’est que de nombreux pays ne veulent toujours pas éliminer progressivement les combustibles fossiles », explique Kuda Manjonjo de Power Shift Africa, un groupe de réflexion sur le climat et l’énergie. Il souligne qu’il est légitime que les économies aient besoin de temps pour s’adapter, mais insiste sur le fait que les pays africains, qui ne sont pas responsables de la crise climatique, ne doivent pas être laissés pour compte.
« Pour l’Afrique, nous savons que les faits sont simples : les énergies renouvelables sont moins chères. La question est donc de savoir comment réaliser une transition équitable et juste, non seulement pour les pays mais aussi pour les populations ? », ajoute-t-il. Il est crucial d’obtenir des financements pour soutenir les efforts de transition juste, l’adaptation et l’abandon des combustibles fossiles.
Anabella Rosemberg, conseillère principale pour une transition juste, estime que le G77+Chine a fait un pas significatif en demandant un mécanisme de transition juste. « C’est la majorité du monde qui dit : assez de dialogue, il est temps de passer aux actes », affirme-t-elle.
Mardi 11 novembre, la présidence de la COP30 a organisé un dialogue ouvert avec des représentants de la société civile pour discuter de l’accélération de la mise en œuvre d’une transition énergétique juste. Des militants du Réseau Action Climat (CAN) ont également manifesté dans les couloirs de la Zone Bleue, soulignant qu’une transition juste bien menée pourrait conduire à des emplois décents, à la sécurité alimentaire et énergétique et à un avenir viable pour tous.
Lors d’une séance à laquelle ont participé le secrétaire exécutif de la CCNUCC, Simon Stiell, et le président de la COP30, André Corrêa do Lago, il a été souligné que « l’action climatique n’est pas seulement négociée par les gouvernements, mais se construit à travers la coopération entre les peuples. Le dialogue ouvert incarne cet esprit, réunissant les parties, la société civile et toutes les parties prenantes pour écouter, échanger des idées et co-créer des solutions ».
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