Publié le 13 novembre 2025 09:45:00. Les notaires français plaident pour une reconnaissance légale des beaux-parents, une revendication qui prend de l’ampleur alors qu’un enfant sur dix grandit au sein d’une famille recomposée.
- Un enfant sur dix en France vit dans une famille recomposée, mais les beaux-parents ne bénéficient d’aucune reconnaissance juridique.
- Les notaires proposent la création d’une “déclaration de beau-parentalité” pour encadrer ce rôle souvent essentiel.
- Cette mesure vise à simplifier les démarches administratives et à sécuriser les successions dans ces familles.
Face à la multiplication des familles recomposées, les notaires de France souhaitent combler un vide juridique : celui de la reconnaissance des beaux-parents. Alors qu’un enfant sur dix est concerné par ce type de structure familiale, leur rôle, souvent important au quotidien, n’est actuellement pas pris en compte par la loi.
Christophe témoigne de cette situation. Il vit avec sa femme et ses trois enfants depuis plus de dix ans, les accompagnant à l’école, aux rendez-vous médicaux et assurant leur quotidien. Pourtant, aux yeux de la loi, il n’existe pas. “Au début de l’année, on remplit sur le carnet de santé le nom du père, le nom de la mère et on rajoute le nom du beau-père en précisant qu’il est beau-père. Quelle existence légale juridique pour ce beau-père ?”, s’interroge-t-il.
Au-delà des complications administratives, Christophe anticipe les problèmes potentiels liés à la succession entre les trois enfants de sa femme et leur propre enfant, né de son union avec elle. Il exprime son souhait de préserver l’harmonie familiale :
« Je ne veux surtout pas ça, ils s’entendent tellement bien tous les quatre. Il ne faut pas que s’il m’arrive quelque chose, il y ait des soucis. Je ne veux pas que l’argent soit un problème entre eux. Je ne veux pas qu’ils se sentent lésés les uns les autres. »
Christophe, beau-père
Pour répondre à ces préoccupations, le congrès des notaires de France propose d’inscrire dans la loi les liens au sein des familles recomposées. Jean Gasté, notaire et Président honoraire du congrès, explique :
« Reconnaître non pas un statut, mais une déclaration. C’est un acte volontaire du beau-parent vis-à-vis du bel-enfant. On reconnaît qu’on a un lien ensemble et la société doit le reconnaître pour nous. »
Jean Gasté, notaire et Président honoraire du congrès des notaires de France
Cette “déclaration de beau-parentalité” offrirait une alternative à l’adoption, souvent perçue comme une démarche plus lourde et moins adaptée aux réalités des familles recomposées. Elle permettrait de formaliser un lien affectif et de responsabilité, tout en simplifiant les procédures administratives et successorales.
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