Publié le 17 octobre 2024 à 22h12. Visa intensifie son incursion dans le monde de la finance décentralisée, rebaptisant cette dernière « finance en chaîne » et visant à connecter les systèmes bancaires traditionnels à ce nouvel écosystème de prêts.
- Visa prévoit d’étendre son réseau de paiements à la finance en chaîne, en se concentrant sur les prêts basés sur des stablecoins.
- L’entreprise souhaite positionner les banques traditionnelles comme fournisseurs de liquidités pour les protocoles de prêt décentralisés.
- Visa a observé un volume de prêts stables de plus de 670 milliards de dollars depuis 2020, avec un volume mensuel actuel de 51,7 milliards de dollars.
Visa, géant des paiements, s’apprête à jouer un rôle de plus en plus important dans l’univers de la finance décentralisée (DeFi). L’entreprise a annoncé son intention d’étendre son réseau pour inclure ce secteur en pleine expansion, tout en proposant un nouveau terme : « finance en chaîne » (onchain finance). Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à intégrer les avantages de la DeFi aux systèmes financiers traditionnels (TradFi).
Selon un rapport récent de Visa, les stablecoins ont évolué au-delà de leur rôle initial d’actifs de trading cryptographiques pour devenir une infrastructure essentielle dans le secteur du prêt. Le document explore les opportunités pour Visa de faciliter l’engagement des acteurs de la finance traditionnelle dans ce nouveau paradigme. Visa a traité un volume de paiements de 15,7 billions de dollars américains en 2024, comme l’indique son rapport financier.
Les prêts en chaîne ont déjà généré plus de 670 milliards de dollars de prêts stables depuis 2020, avec un volume mensuel actuel de 51,7 milliards de dollars et 81 000 emprunteurs actifs, selon Allium, spécialiste des données onchain et contributeur au rapport. Ce marché émergent connaît une croissance rapide et offre un potentiel considérable.
Visa ne prévoit pas d’émettre ses propres jetons ni de financer directement des prêts. L’entreprise ambitionne plutôt de servir d’intermédiaire, facilitant l’interconnexion entre la finance traditionnelle et les protocoles de prêt décentralisés. Elle souhaite ainsi minimiser les risques de contrepartie tout en fournissant les outils nécessaires – API, analyses, conformité et règlement – pour une intégration programmable des prêts avec le secteur bancaire traditionnel.
Des exemples concrets, tels que Morpho, Credit Coop (son partenaire) et Huma Finance, illustrent la faisabilité de ce modèle. Ces entreprises ont démontré avec succès le fonctionnement de prêts à règlement instantané programmables.
Le changement de terminologie, passant de « finance décentralisée » à « finance en chaîne », n’est pas anodin. Visa semble vouloir se distancer des connotations parfois négatives associées à la DeFi – souvent perçue comme non réglementée et risquée – afin d’attirer les banques et les institutions financières traditionnelles. Cette stratégie s’aligne également sur l’évolution du paysage réglementaire, notamment avec l’entrée en vigueur de la loi GÉNIE aux États-Unis, qui vise à encadrer les stablecoins.
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