Publié le 19 octobre 2025 21:04:00. Les programmes de fidélité, souvent perçus comme avantageux, pourraient en réalité être utilisés pour ajuster les prix à la hausse en fonction des habitudes de consommation des clients. Une enquête du Washington Post révèle comment les données collectées via ces cartes sont exploitées.
- Les cartes de fidélité de grandes enseignes comme Starbucks, Best Buy ou GameStop suivent de près les dépenses des consommateurs.
- Starbucks vend les informations de ses clients à des courtiers en données et propose des remises personnalisées, potentiellement des « prix personnalisés ».
- Cette pratique, appelée « tarification de surveillance », consiste à déterminer le prix maximal qu’un client est prêt à payer.
Les cartes de fidélité, devenues omniprésentes dans le commerce de détail et la restauration, ne sont peut-être pas aussi avantageuses qu’elles le semblent. Selon une récente investigation menée par Geoffrey Fowler, journaliste au Washington Post, ces programmes collectent des données précises sur les habitudes d’achat des consommateurs, qui sont ensuite utilisées pour influencer les prix.
Grâce à la loi californienne sur la confidentialité des consommateurs (CCPA), qui permet aux utilisateurs d’accéder à leurs données personnelles détenues par les entreprises, Fowler a pu examiner les informations que Starbucks conservait sur lui. Il a découvert l’ampleur des données collectées : tous ses achats, les lieux où il les effectuait, et même la fréquence à laquelle il ouvrait l’application Starbucks.
« Starbucks essayait de se construire un profil sur moi et d’évaluer combien je serais prêt à payer. »
Geoffrey Fowler, journaliste au Washington Post
L’enquête a révélé que Starbucks vendait également ces informations à des courtiers en données. Plus troublant encore, Fowler a constaté qu’il recevait moins de récompenses, même en dépensant régulièrement chez Starbucks. L’entreprise justifie ces pratiques par des « remises personnalisées », que Fowler qualifie de « prix personnalisés ».
Cette pratique s’inscrit dans une tendance plus large, baptisée « tarification de surveillance ». Les entreprises utilisent les données collectées pour déterminer le prix maximal que chaque client est prêt à payer, et ajustent leurs offres en conséquence. Les clients qui utilisent moins fréquemment les cartes de fidélité ou les applications sont souvent ciblés avec des promotions plus agressives pour les inciter à revenir.
« Le contraire de ce que vous pensez être censé se produire avec une carte de récompense se produit en réalité. »
Geoffrey Fowler, journaliste au Washington Post
Fowler a même découvert qu’un jour de mars dernier, il avait ouvert l’application Starbucks plus de 90 fois, soulignant le niveau de surveillance exercé par l’entreprise.
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