Les négociations pour la nouvelle convention collective (CCN) de la WNBA s’enlisent dans une complexité croissante, suscitant l’inquiétude des joueuses quant à leur valorisation au sein de la ligue. Alors que la WNBA connaît une croissance sans précédent, les propositions actuelles semblent déconnectées de cette réalité et pourraient compromettre l’avenir du basketball féminin.
Nneka Ogwumike, présidente du syndicat des joueuses (WNBPA), a exprimé le sentiment général : « À l’heure actuelle, nous ne nous sentons pas valorisées dans ces négociations. » Elle a ajouté que les joueuses « sont entendues, mais pas écoutées ».
Le WNBPA plaide pour plusieurs améliorations significatives, notamment la suppression de la désignation de « joueuse encadrée » et des droits de négociation exclusifs des équipes, la réduction de la durée des contrats de débutantes (actuellement de trois ans avec une option pour une quatrième année), l’instauration d’un congé maternité pour les parents non-accouchants, des avantages de retraite substantiels, des normes uniformes pour les installations d’entraînement et de récupération, l’obligation d’employer du personnel spécialisé (préparateurs physiques, kinésithérapeutes, médecins) et la prise en charge des services de santé mentale. Un programme de partage des revenus, en progression avec la croissance de la ligue, figure également parmi leurs revendications.
Du côté de la WNBA, les propositions sont plus controversées. La ligue envisage de ne plus financer le logement des équipes, d’imposer un camp d’entraînement obligatoire pour les nouvelles joueuses sous peine de réduction de salaire, de limiter le nombre de contrats garantis par équipe et de faire avancer le début de la saison. Un congé parental payé d’une semaine pour les parents non-accouchants est également proposé.
La disparité entre ces propositions est flagrante. Les joueuses estiment que leur contribution à la croissance de la WNBA n’est pas suffisamment reconnue. Alors que la ligue met en avant une image de « girl power » et de brise de barrières, les propositions actuelles semblent contredire cet engagement.
La WNBA a connu une croissance considérable ces dernières années, et les recherches démontrent désormais que les athlètes féminines ont des besoins spécifiques en matière d’entraînement pour réduire les risques de blessures. Cette évolution a également permis à davantage de joueuses de fonder une famille tout en poursuivant leur carrière. Pourtant, la CCN proposée ne reflète pas ces changements.
En comparaison, la convention collective signée en août 2024 par la National Women’s Soccer League (NWSL) offre des conditions plus favorables aux joueuses. La NWSL a doublé le plafond salarial des équipes, mis en place un programme de partage des revenus lié aux droits de diffusion et aux contrats de sponsoring, supprimé le repêchage et accordé la libre agence aux nouvelles joueuses dès leur arrivée. De plus, tous les contrats sont garantis, des clauses de non-échange sont prévues et les avantages liés à la famille et à la santé ont été élargis.
Ces mesures confèrent aux joueuses de la NWSL une plus grande autonomie et une sécurité financière, établissant un précédent pour les athlètes féminines. Les joueuses de la WNBA espèrent obtenir un niveau d’autonomie similaire dans leur nouvelle convention collective.
La WNBA ne peut ignorer la pression exercée par ses fans, très actifs en ligne. Ces derniers ont déjà joué un rôle déterminant dans l’instauration du programme de vols affrétés et soutiennent activement les joueuses dans ces négociations. Ils attendent une convention collective qui reflète véritablement la valeur du travail accompli par les joueuses.
Les joueuses de la WNBA tiennent bon, déterminées à obtenir une convention collective qui reconnaisse leur contribution et leur permette de s’épanouir pleinement dans la ligue.
