Home SantéDes cœurs heureux. José Manuel Revuelta Soba Professeur de Chirurgie et Professeur émérite de l’Université de Cantabrie

Des cœurs heureux. José Manuel Revuelta Soba Professeur de Chirurgie et Professeur émérite de l’Université de Cantabrie

by Sophie Martin

L’optimisme ne serait pas seulement une question d’état d’esprit, mais un véritable atout pour la santé cardiovasculaire. Une vaste étude révèle que les personnes optimistes présentent un risque significativement réduit de maladies cardiaques, d’accidents vasculaires cérébraux et de décès prématurés.

Une récente revue scientifique, analysant les données de plus de 215 000 participants à travers 15 études cliniques, a mis en évidence un lien frappant entre optimisme et santé du cœur. Les résultats indiquent que les individus ayant une attitude positive ont 35 % moins de chances de développer une maladie cardiaque ou de subir un accident vasculaire cérébral, et leur risque de décès cardiaque précoce est réduit de 14 %. L’étude suggère même que l’optimisme pourrait augmenter l’espérance de vie de 15 %, avec une probabilité 50 % plus élevée de vivre au-delà de 85 ans.

Mais comment l’optimisme agit-il sur le cœur ? Selon les chercheurs, plusieurs facteurs entrent en jeu, notamment des comportements sains, des processus immunologiques, et des mécanismes inflammatoires, métaboliques et génétiques. L’American Heart Association (AHA) a d’ailleurs souligné l’importance de la santé cardiovasculaire, promouvant depuis 2010 le programme “Life’s Simple-7” (devenu “Life’s Essential-8” en 2022) qui met l’accent sur sept indicateurs clés : une alimentation équilibrée, une activité physique régulière, l’absence de tabagisme, un indice de masse corporelle normal, une tension artérielle saine, un taux de cholestérol et de glycémie contrôlés, et un sommeil suffisant.

Les neurosciences apportent également un éclairage intéressant. Le bonheur stimule certaines zones du cerveau, comme l’hippocampe, le striatum et l’amygdale, et libère des hormones telles que la dopamine, la sérotonine, la noradrénaline, l’ocytocine, la mélatonine et les endorphines. La dopamine, en particulier, est libérée lorsque l’on fixe et atteint des objectifs, procurant un sentiment de satisfaction. Les personnes optimistes réagissent mieux au stress et présentent des niveaux de cortisol (l’hormone du stress) plus bas au réveil.

Au-delà des aspects neurologiques, l’optimisme semble également influencer positivement le microbiote intestinal, l’ensemble des micro-organismes présents dans notre intestin. Des recherches récentes suggèrent une communication bidirectionnelle entre le système nerveux central et cet écosystème intestinal, l’optimisme favorisant une composition microbienne plus favorable.

Enfin, des facteurs génétiques pourraient également jouer un rôle, avec l’identification de gènes associés à l’optimisme et au bonheur, tels que 5-HTTLPR, GPR139, MAOA, DACH1, DRD4 et OXTR. Cependant, il est important de souligner que l’optimisme ne se limite pas à une question d’héritage génétique : il peut se cultiver.

« Un optimiste voit une opportunité dans chaque calamité ; un pessimiste voit une calamité dans chaque opportunité. » Winston Churchill

S’entourer d’amis positifs, pratiquer une activité physique régulière, se souvenir des bons moments, sourire plus souvent, et chercher à donner un sens à sa vie sont autant de stratégies qui peuvent aider à développer une attitude plus optimiste, et par conséquent, à prendre soin de son cœur.

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