Publié le 26 octobre 2025 à 09h44. Le jeûne intermittent, de plus en plus populaire, est souvent présenté comme un allié pour la santé, y compris dans la prévention du cancer. Pourtant, un chirurgien oncologue met en garde contre une idée reçue dangereuse : penser que le jeûne peut à lui seul éliminer les cellules cancéreuses déjà présentes.
- Le jeûne intermittent peut activer l’autophagie, un processus de nettoyage cellulaire bénéfique pour la prévention du cancer.
- Il est inefficace pour traiter un cancer en cours, car les cellules cancéreuses continuent à se nourrir pendant le jeûne.
- Une alimentation riche en calories et en protéines, encadrée par un nutritionniste, est essentielle pendant les traitements contre le cancer.
Ces dernières années, le jeûne intermittent a conquis un public de plus en plus large, souvent vanté pour ses bienfaits sur la santé et son potentiel rôle dans la prévention du cancer. Cependant, cette popularité croissante a engendré de nombreux mythes et idées fausses, notamment en oncologie.
Croire en ces fausses informations peut être préjudiciable pour les patients atteints de cancer, les éloignant de traitements scientifiquement prouvés et compromettant leur santé. Un chirurgien oncologue de l’hôpital Metro a récemment partagé une liste de cinq superaliments qui peuvent aider à réduire le risque de cancer du sein : les graines de lin et les baies, entre autres.
Le Dr Sudipto De, chirurgien robotique spécialisé en génétique et en onco-nutrition aux hôpitaux Metro de Delhi NCR, a démystifié les idées reçues sur le jeûne et son impact sur le traitement du cancer dans une vidéo Instagram publiée le 25 octobre. Il a notamment démenti l’idée que le jeûne peut aider à tuer les cellules cancéreuses pendant la thérapie.
Que se passe-t-il dans le corps pendant le jeûne ?
Selon le Dr De, les recherches montrent que le jeûne intermittent ou une restriction calorique active un processus appelé autophagie. Il explique :
« Il s’agit d’un système de nettoyage naturel dans lequel les cellules endommagées et les toxines sont éliminées du corps. Des études ont montré que cette autophagie peut réduire l’inflammation et une croissance cellulaire anormale. Autrement dit, cela peut aider à prévenir le cancer. »
Dr Sudipto De, chirurgien robotique spécialisé en génétique et en onco-nutrition
Un jeûne occasionnel, comme une période de jeûne nocturne de 12 à 14 heures, peut donc être bénéfique, à condition d’être en bonne santé.
Jeûne et cancer : une distinction essentielle
Le Dr De insiste sur le fait que le jeûne ne peut contribuer à la prévention du cancer que chez les personnes en bonne santé et qu’il est inefficace pendant le traitement du cancer.
Il souligne :
« Il est très important de savoir que ce même effet ne peut pas se produire pendant que votre traitement contre le cancer est en cours. Cela inclut des traitements comme la chimiothérapie, une intervention chirurgicale ou une radiothérapie. Vous ne pouvez pas tuer sélectivement les cellules cancéreuses déjà formées en jeûnant. Les cellules cancéreuses sont déjà agressives et, pendant votre jeûne, elles absorbent la nutrition qui devrait aller à vos cellules saines, se maintenant ainsi en vie. »
Dr Sudipto De, chirurgien robotique spécialisé en génétique et en onco-nutrition
L’oncologue précise que pendant un traitement contre le cancer, le corps a besoin d’un apport calorique, protéique et nutritionnel supplémentaire pour maintenir son poids, sa force, favoriser la guérison et réduire les effets secondaires. La malnutrition peut aggraver les traitements. Il recommande un régime alimentaire riche en calories et en protéines, élaboré avec l’aide d’un nutritionniste, incluant des smoothies, des beurres de noix, des œufs, des lentilles, du paneer, de l’avocat et de l’huile d’olive.
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