Publié le 29 octobre 2025 20h00. La maladie d’un conjoint peut mettre à rude épreuve un mariage, mais les études révèlent une disparité troublante : les hommes sont plus susceptibles de quitter leur femme malade que l’inverse.
- Une analyse de 25 000 couples montre que le divorce est plus fréquent lorsque c’est la femme qui tombe gravement malade.
- Une autre étude indique que les hommes quittent leur partenaire malade jusqu’à sept fois plus souvent que les femmes.
- Les sociologues pointent du doigt les rôles de genre traditionnels et l’inaptitude de certains hommes à assumer un rôle de soignant.
Le scénario semble tout droit sorti d’un film : dès que la santé d’une femme décline, son mari fait ses valises. Pourtant, cette situation est loin d’être rare. Plusieurs recherches confirment que la maladie n’affecte pas tous les couples de la même manière, avec une tendance alarmante : les hommes sont plus enclins à abandonner leur partenaire malade que les femmes.
Une vaste étude publiée dans le Journal of Marriage and Family, portant sur 25 000 couples, met en lumière une réalité douloureuse. Lorsque l’homme est confronté à une maladie grave, les couples ont tendance à rester unis dans la plupart des cas. En revanche, lorsque c’est la femme qui souffre, le risque de divorce augmente considérablement.
Une seconde étude, parue dans la revue Cancer, révèle même que les hommes sont sept fois plus susceptibles de quitter leur conjointe après un diagnostic de maladie grave, comme une tumeur cérébrale ou la sclérose en plaques.
Selon les sociologues, cette disparité s’explique par un schéma persistant : les femmes sont traditionnellement considérées comme les principales dispensatrices de soins – au sein de la famille, du foyer et souvent envers leur partenaire. Lorsqu’elles tombent malades, cet équilibre se rompt. De nombreux hommes semblent incapables ou peu disposés à endosser ce rôle de soignant.
À l’inverse, les femmes continuent de prendre soin de leur conjoint, même au prix de leur propre épuisement. Kim Feenstra en témoigne avec tristesse. Cette différence souligne la persistance des rôles de genre traditionnels dans les relations.
Les témoignages de femmes affirmant que leur partenaire les a quittées dès que leur santé a commencé à décliner sont légion sur les réseaux sociaux. Une femme atteinte d’un cancer du sein écrit : « Il a dit : ‘Je ne peux pas supporter de vous voir souffrir.’ Comme si j’avais le choix. » Une infirmière témoigne : « Nous observons ce genre de situation plus souvent qu’on ne le pense à l’hôpital. Des hommes qui abandonnent leur femme malade et des femmes qui restent, même lorsque la situation devient insoutenable. »
Il est facile de qualifier ce comportement de lâcheté ou d’égoïsme, mais il en dit aussi long sur notre conception de l’amour. Nous avons été élevés dans l’idée que les relations sont fondées sur la romance, la passion et le plaisir, mais moins sur le soin et le soutien dans l’adversité. Et c’est précisément ce qui semble être le point faible.
Le sociologue Alex Balai résume la situation avec concision : « Dès que le rôle de soignant change, la dynamique du couple change également. Beaucoup d’hommes ne savent pas comment être présents et soutenir leur partenaire dans ces moments difficiles. »
Peut-être que l’amour, à son essence, ne consiste pas à savoir qui rit ou qui fait les courses, mais à rester aux côtés de l’autre lorsque celui-ci est incapable de le faire lui-même. La promesse « dans la maladie et dans la santé » prend ainsi un nouveau sens : celui du soin, de la vulnérabilité et de la fidélité, même lorsque la vie ne se déroule pas comme prévu.
Mode de vie
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Cancer, The Journal of Marriage and Family, Université de Sydney, SCP, RIVM.
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