Publié le 7 novembre 2025. Des chercheurs de l’Université de Stockholm explorent de nouvelles pistes pour prévenir et traiter le diabète, une maladie en forte progression mondiale, en étudiant notamment le rôle clé de la graisse brune et des mécanismes de transport de l’énergie dans les cellules.
- La graisse brune, un « brûleur de graisse intégré » présent chez tous, pourrait être réactivée pour lutter contre le diabète et l’obésité.
- Des perturbations du transport de l’énergie dans les cellules musculaires et adipeuses pourraient être à l’origine du diabète de type 2.
- Un nouveau traitement moléculaire, développé à l’Université de Stockholm, vise à améliorer le contrôle de la glycémie en agissant sur les muscles squelettiques.
Le diabète, qui touche aujourd’hui plus de 537 millions de personnes dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a vu son nombre de cas quadrupler depuis les années 1980. Face à cette épidémie mondiale, des équipes de recherche suédoises se mobilisent pour comprendre les mécanismes de la maladie et développer de nouvelles stratégies de prévention et de traitement.
La graisse brune, une défense naturelle oubliée
« À mesure que nous réduisons notre activité physique et consommons des aliments de plus en plus riches en énergie, l’incidence du diabète de type 2 augmente – un reflet direct de notre mode de vie moderne », explique Martin Jastroch, professeur au Département des biosciences moléculaires de l’Institut Wenner-Gren de l’Université de Stockholm. Cependant, notre corps possède une protection naturelle souvent négligée : la graisse brune. Contrairement aux graisses classiques, la graisse brune a la capacité de brûler à la fois des sucres et des graisses pour produire de la chaleur, agissant comme un véritable moteur interne qui aide à maintenir la température corporelle et à utiliser l’énergie de manière efficace. Malheureusement, cette fonction tend à s’affaiblir avec l’âge. Les recherches menées par l’équipe de Martin Jastroch visent à réactiver cette défense naturelle, ouvrant la voie à de nouvelles approches pour prévenir le diabète et l’obésité.
Martin JastrochPhoto: Sören Andersson
Pour en savoir plus sur les travaux de Martin Jastroch : Une protéine ancienne, clé de l’adaptation au froid chez les mammifères et Groupe de recherche de Martin Jastroch.
Un transport d’énergie perturbé, un facteur clé du diabète de type 2
David Drew, professeur de biochimie et chercheur Wallenberg au Département de biochimie et de biophysique et Scilifelab de l’Université de Stockholm, se penche sur un autre aspect crucial du diabète de type 2. « Les perturbations du transport d’énergie au sein de nos cellules peuvent contribuer au développement de maladies telles que le diabète de type 2, le cancer et certaines maladies neurodégénératives », explique-t-il. Son équipe, dans le cadre du projet MEMSUGAR financé par le Conseil européen de la recherche (ERC), étudie les raisons pour lesquelles certains transporteurs de sucre ne parviennent pas à atteindre la surface des cellules musculaires et adipeuses, comme c’est le cas normalement sous l’influence de l’insuline. Lorsque ces transporteurs de sucre sont bloqués, l’absorption du glucose par les cellules est réduite, entraînant une augmentation de sa concentration dans le sang.
David DrewPhoto: Niklas Björling
Pour en savoir plus sur les recherches de David Drew : Groupe de recherche de David Drew, Laboratoire Scilife et Les scientifiques ont découvert la clé de la façon dont l’énergie est acheminée vers le « port de transport » des cellules.
Un nouveau médicament pour réguler la glycémie
L’Université de Stockholm a également mis au point un nouveau traitement moléculaire prometteur contre le diabète de type 2 et l’obésité. « Ce traitement agit directement sur les muscles squelettiques, qui jouent un rôle essentiel dans l’absorption et l’utilisation du sucre », précise Tore Bengtsson, du Département des biosciences moléculaires de l’Institut Wenner-Grens. Administré par voie orale, ce médicament modifie la communication entre les cellules musculaires, renforçant ainsi leur fonction et améliorant le contrôle de la glycémie. À long terme, il pourrait contribuer à augmenter le métabolisme et à rétablir un équilibre glycémique sain.
Tore BengtssonPhoto : Karin Tjulin
Basée sur des recherches publiées dans la revue scientifique Cell, cette nouvelle approche thérapeutique a donné des résultats encourageants lors d’une première étude clinique axée sur la sécurité. Le traitement est désormais prêt à passer à la phase suivante, qui évaluera son efficacité dans des conditions réelles. Tore Bengtsson est le fondateur d’Atrogi AB, la société chargée de poursuivre le développement de ce candidat-médicament.
Pour en savoir plus sur les recherches de Tore Bengtsson : Groupe Bengtsson et l’article scientifique dans Cell.
Dernière mise à jour : 7 novembre 2025
Chef de chantier : Service communication
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