Home SantéPremier patient atteint d’une maladie musculaire rare traité avec ses propres cellules souches

Premier patient atteint d’une maladie musculaire rare traité avec ses propres cellules souches

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29 10:30:00. Une équipe de chercheurs explore une nouvelle voie thérapeutique pour lutter contre la faiblesse musculaire liée à des anomalies mitochondriales, en utilisant les propres cellules souches du patient pour stimuler la production de fibres musculaires.

  • Des essais cliniques préliminaires montrent une amélioration de la force musculaire chez un premier patient traité.
  • Le traitement repose sur l’utilisation de cellules souches saines prélevées sur le patient, réduisant ainsi le risque de rejet.
  • Des recherches complémentaires visent à optimiser la culture de ces cellules souches et à étendre l’application de cette thérapie à d’autres pathologies.

Des patients souffrant de troubles mitochondriaux, ces organelles essentielles à la production d’énergie cellulaire, sont souvent confrontés à une faiblesse musculaire invalidante et à une fatigue chronique. Le professeur Bert Smeets et son équipe mènent des recherches prometteuses pour améliorer leur quotidien. Leur approche innovante consiste à exploiter le potentiel des cellules souches présentes dans l’organisme du patient lui-même.

Une première étude, dont les résultats ont été publiés dans ScienceDirect, avait déjà démontré la sécurité de l’introduction de ces cellules souches, sans effets secondaires indésirables significatifs. Récemment, un premier patient a bénéficié d’un traitement dans le cadre d’une étude plus vaste, et les premiers résultats sont encourageants : une augmentation notable de sa force musculaire a été mesurée. Des investigations complémentaires sont en cours pour confirmer ces résultats sur un plus grand nombre de patients et évaluer l’impact à long terme de cette thérapie.

Le principe du traitement repose sur l’utilisation des cellules saines dont disposent naturellement certains patients. « Ces patients possèdent souvent des cellules souches dont les mitochondries fonctionnent correctement », explique le professeur Smeets. « Nous prélevons ces cellules souches saines par biopsie musculaire, puis nous les multiplions en laboratoire. Nous les réinjectons ensuite dans les muscles via la circulation sanguine, où elles se différencient en fibres musculaires, contribuant ainsi à augmenter la force et à réduire la fatigue. » L’avantage majeur de cette approche est la minimisation du risque de rejet, puisque les cellules utilisées proviennent du propre corps du patient.

Parallèlement à l’évaluation de l’efficacité clinique, l’équipe du professeur Smeets travaille à perfectionner la technologie sous-jacente à ce traitement. Grâce à une subvention du programme Interreg Euregio Meuse-Rhin, une collaboration internationale est en cours pour développer de nouvelles méthodes permettant de cultiver un grand nombre de cellules souches saines plus rapidement et plus efficacement. Les chercheurs étudient également des stratégies pour renforcer le potentiel de ces cellules souches et optimiser leur contribution au développement musculaire.

Si cette thérapie s’avère concluante, elle pourrait bénéficier à d’autres populations souffrant de perte de masse et de force musculaire. On peut notamment envisager son application chez les personnes âgées, dont la mobilité diminue avec l’âge en raison de la perte musculaire, ou chez les patients atteints de cancer et souffrant de cachexie, une fonte musculaire sévère liée à la maladie. « Pour toutes ces personnes, une amélioration de la force musculaire peut significativement améliorer leur autonomie et leur qualité de vie », souligne le professeur Smeets.

« Ces patients possèdent souvent des cellules souches dont les mitochondries fonctionnent correctement. Nous prélevons ces cellules souches saines par biopsie musculaire, puis nous les multiplions en laboratoire. Nous les réinjectons ensuite dans les muscles via la circulation sanguine, où elles se différencient en fibres musculaires, contribuant ainsi à augmenter la force et à réduire la fatigue. »

Bert Smeets, professeur

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.