Home NouvellesLa Cour suprême entendra le procès d’un propriétaire du Texas contre la poste pour défaut de livraison du courrier pendant 2 ans

La Cour suprême entendra le procès d’un propriétaire du Texas contre la poste pour défaut de livraison du courrier pendant 2 ans

by Nicolas Lefèvre

La Cour suprême des États-Unis examine un cas qui pourrait ouvrir la voie à davantage de poursuites contre le Service postal américain (USPS) pour des problèmes de courrier. L’affaire, portée devant la plus haute instance judiciaire du pays, concerne un propriétaire texan qui affirme que le courrier lui a été délibérément retenu pendant deux ans.

À retenir

  • Une décision de la Cour suprême pourrait permettre aux particuliers de poursuivre l’USPS pour des retards ou des pertes de courrier intentionnels.
  • Le gouvernement américain craint une vague de litiges si l’immunité postale est remise en question.
  • L’affaire porte sur l’interprétation d’une exemption spécifique dans la loi fédérale sur les réclamations délictuelles.

Contexte

En règle générale, il est difficile de tenir l’USPS responsable des courriers perdus, retardés ou mal traités. Cependant, Lebene Konan, un propriétaire de l’agglomération de Dallas-Fort Worth au Texas, soutient que deux employés d’un bureau de poste local ont intentionnellement bloqué la livraison de son courrier et de celui de ses locataires en raison de son origine ethnique et de ses biens immobiliers. Konan a découvert que la clé de la boîte aux lettres d’un de ses immeubles avait été modifiée sans son consentement, l’empêchant de distribuer le courrier. Malgré ses démarches auprès de l’USPS, le problème a persisté.

La loi fédérale sur la responsabilité délictuelle (Federal Tort Claims Act, FTCA) permet aux particuliers de poursuivre le gouvernement fédéral pour dommages si un employé fédéral cause un préjudice par négligence. Toutefois, le Congrès a créé des exceptions, notamment pour le service postal, le protégeant des poursuites pour « perte, fausse couche ou transmission négligente de lettres ou d’objets postaux ». L’affaire devant la Cour suprême porte sur la question de savoir si cette exemption s’applique lorsque la non-livraison est intentionnelle.

Ce qui change

Lors des plaidoiries, Frederick Liu, assistant du solliciteur général du ministère de la Justice, a averti que si Konan gagnait, cela pourrait entraîner « une tonne de poursuites concernant le courrier ». Il a prédit que les gens pourraient alors intenter des actions en justice pour des raisons futiles, comme un simple désaccord avec un facteur. Le juge Samuel Alito a soulevé la question des litiges potentiellement frivoles, se demandant si les gens pourraient accuser les facteurs de ne pas avoir livré le courrier parce qu’ils n’ont pas reçu de pourboire ou parce qu’ils ont été effrayés par un chien.

Easha Anand, l’avocate de Konan, a minimisé le risque d’une vague de litiges, affirmant que les cas comme celui de son client seraient rares. Elle a souligné que l’USPS conserverait son immunité dans la plupart des affaires postales, même si la Cour se prononçait en faveur de Konan.

Un tribunal fédéral de district du Texas avait initialement rejeté la plainte de Konan, mais la Cour d’appel du cinquième circuit a partiellement annulé cette décision l’année dernière, estimant que l’allégation de non-livraison intentionnelle ne relevait pas de l’exemption postale. L’USPS a ensuite fait appel de cette décision devant la Cour suprême.

Prochaines étapes

Une décision de la Cour suprême est attendue l’année prochaine. Kevin Kosar, chercheur à l’American Enterprise Institute, a exprimé son doute quant à la probabilité d’un afflux massif de poursuites, se demandant si les clients postaux lésés trouveraient des avocats prêts à engager des procédures coûteuses et longues pour des montants relativement faibles.

Chiffres clés

  • 78 cents : Le prix actuel d’un timbre de première classe aux États-Unis (mentionné dans les inquiétudes du juge Alito concernant le coût potentiel des litiges).

Sources

Plaidoyers devant la Cour suprême des États-Unis, octobre 2024.

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