Le ministère de la Santé malaisien intensifie ses efforts pour contrer la pénurie de personnel soignant, en relançant la formation d’infirmiers après plus d’une décennie et en accélérant les embauches permanentes pour les médecins et infirmiers contractuels.
Datuk Lukanisman Awang Sauni, vice-ministre de la Santé, a annoncé que 15 établissements d’enseignement supérieur privés (IPTS) ont déjà commencé à proposer de nouveaux programmes de diplôme en soins infirmiers, suite à la levée du moratoire de 2010 par le ministère de l’Enseignement supérieur le 1er août 2024. Parallèlement, le ministère de la Santé a considérablement augmenté le nombre de candidats à son Institut de formation des infirmières et des sages-femmes (ILKKM). 3 343 stagiaires ont été recrutés cette année, contre seulement 935 en 2023.
Au total, 6 059 étudiants en sciences infirmières, issus des promotions 2023 à 2025, sont actuellement en formation à l’ILKKM. Ils intégreront progressivement le système de santé entre 2026 et 2028, après l’obtention de leur diplôme et leur inscription auprès du Conseil malaisien des soins infirmiers.
Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à renforcer les effectifs des établissements de santé, confrontés à un taux de démission croissant. Le ministère a déjà proposé des contrats permanents à 4 518 médecins contractuels et 3 254 infirmières cette année. L’objectif pour 2026 est d’offrir des postes permanents à 4 500 médecins contractuels supplémentaires et à 935 infirmiers diplômés de l’ILKKM.
Selon une analyse des données de 2022 à 2024, le taux de démission moyen est d’environ 0,84 % pour les médecins et de 0,66 % pour les infirmières par rapport à l’effectif annuel. Pour contrer cette tendance, le gouvernement a mis en place diverses incitations, notamment des primes pour les spécialistes en attente de reconnaissance officielle, une augmentation de salaire de 15 % dans le cadre du système de rémunération de la fonction publique (SSPA), et une majoration d’environ 40 % de l’indemnité de garde.
Des mesures spécifiques sont également prévues pour attirer du personnel dans les zones rurales et éloignées, avec des indemnités de localisation et de difficulté (BIMLTK) allant de 500 RM (environ 100 euros) à 1 500 RM (environ 300 euros) par mois, ainsi que des primes d’incitation à l’intérieur (135 RM à 165 RM, soit environ 27 à 33 euros par mois) et des allocations de déplacement.
Ces annonces ont été faites en réponse à une question du sénateur Abdul Nasir Idris, qui s’inquiétait de l’impact de la pénurie de médecins et d’infirmières sur les hôpitaux de district et les cliniques rurales.
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