Publié le 2024-02-29 14:35:00. Dans un contexte de désertification commerciale en France, des initiatives locales redonnent vie aux petits bourgs. À Saint-Aubin-sur-Gaillon, dans l’Eure, la réouverture d’un bistrot après plus de quarante ans de fermeture témoigne de cette dynamique.
- Six communes sur dix en métropole ont perdu leur dernier commerce.
- Le Bistrot du Clocher, fermé depuis 1981, a rouvert ses portes à Saint-Aubin-sur-Gaillon.
- Le succès de ce commerce témoigne d’un fort besoin de lien social et de services de proximité.
La France rurale voit peu à peu disparaître ses commerces de proximité. Selon les chiffres récents, 62 % des communes ne disposaient plus d’aucun commerce en 2021, contre seulement 25 % en 1980. Face à cette situation, des collectivités locales prennent des initiatives pour inverser la tendance, comme à Saint-Aubin-sur-Gaillon, un bourg de 2 500 habitants dans l’Eure.
Après des décennies d’absence, les habitants peuvent à nouveau profiter d’un lieu de rencontre et de restauration. Le Bistrot du Clocher, qui avait baissé le rideau en 1981, a rouvert grâce à une volonté politique forte et un investissement de la mairie. Philippe Doom, le maire, a pris le pari de racheter et rénover le bâtiment avant de le louer à un gérant.
« J’ai fait un pari, c’était risqué, j’ai pas bien dormi tout le temps »
Philippe Doom, maire de Saint-Aubin-sur-Gaillon
Le financement de ce projet a été rendu possible grâce à des subventions de l’État, de la région, du département et des communautés d’agglomération. « Sur les 180 000 euros de travaux, 16 000 euros sont à la charge de la commune, c’est rien du tout », s’enthousiasme le maire.
Partout en France, les commerces ont disparu.
Depuis sa réouverture, le bistrot attire une clientèle fidèle, notamment à l’heure du déjeuner. Le menu du jour, proposé à un prix abordable de 16,70 euros, séduit également les salariés en pause. Le jour du tournage, le gérant a servi 60 couverts, témoignant d’un succès inattendu.
« C’est convivial, il y a la gentillesse et tout ça. Ça fait du bien au village »
Un habitant de Saint-Aubin-sur-Gaillon
« J’ai retrouvé des anciennes relations, des copains de longue date que j’ai revus l’autre fois. Alors qu’on n’est pas loin, mais voilà, on s’est revus ici »
Une cliente du Bistrot du Clocher
« C’est des débuts, mais c’est des débuts prometteurs, donc on est assez contents de nous et assez confiants », se réjouit le gérant. Cette initiative pourrait inspirer d’autres communes confrontées à la disparition de leurs commerces.
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