Home Santéun nouveau médicament agit avant que le cerveau ne se plaque

un nouveau médicament agit avant que le cerveau ne se plaque

by Sophie Martin

Publié le 8 janvier 2024 18:01:00. Face aux traitements innovants contre la maladie d’Alzheimer, les médecins s’interrogent sur le moment optimal pour intervenir et sur le coût élevé de ces nouvelles thérapies, qui pourraient limiter leur accès.

  • Le donanemab, un traitement déjà utilisé, offre une alternative moins coûteuse et plus simple à administrer que le lécanemab, récemment approuvé.
  • Il est crucial de distinguer la maladie d’Alzheimer, caractérisée par la présence de plaques amyloïdes, de la démence, qui est un ensemble de symptômes cognitifs.
  • Le diagnostic précoce est essentiel pour l’efficacité des traitements, mais il reste un défi, notamment chez les patients de moins de 65 ans.

L’arrivée de nouveaux traitements contre la maladie d’Alzheimer suscite un débat au sein de la communauté médicale. Si le lécanemab a récemment été approuvé, certains spécialistes continuent de privilégier le donanemab, une option thérapeutique déjà disponible. L’un des principaux arguments réside dans la facilité d’administration : le donanemab est administré par perfusion mensuelle pendant une durée de 12 à 18 mois, tandis que le lécanemab pourrait nécessiter un traitement à vie.

Selon un neurologue du Rio Grande do Sul, l’élimination des plaques amyloïdes permet de gagner du temps précieux.

« Si nous éliminons les plaques, nous savons qu’elles mettront encore dix ans à se développer »

Neurologue du Rio Grande do Sul

Le lécanemab, en agissant plus tôt dans le processus de la maladie, pourrait potentiellement stopper sa progression, mais cela reste à prouver.

Un autre facteur important est le coût. Le lécanemab pourrait s’avérer deux fois plus cher que le donanemab, atteignant environ 50 000 reais (environ 9 500 €) par mois, et ce, potentiellement à vie. Cette différence de prix pourrait limiter l’accès à ce nouveau traitement pour de nombreux patients.

Il est essentiel de comprendre que la maladie d’Alzheimer et la démence ne sont pas synonymes. Il y a une dizaine d’années, on considérait souvent les deux termes comme interchangeables, mais la compréhension de la maladie a évolué. Aujourd’hui, la maladie d’Alzheimer est définie par la présence de plaques amyloïdes dans le cerveau. Avant même l’apparition de symptômes de démence, des déficits cognitifs légers peuvent se manifester, sans pour autant compromettre la vie quotidienne du patient.

Selon le professeur Wyllians Borelli, il est même possible de trouver des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer sans présenter de symptômes apparents. Ironiquement, les traitements comme le lécanemab et le donanemab sont plus efficaces lorsqu’ils sont administrés à un stade précoce, lorsque la perte cognitive est minime. Une fois que les neurones sont endommagés, pendant la phase de démence, ils ne peuvent plus être réparés par l’élimination des plaques amyloïdes.

Le défi majeur réside donc dans l’identification des patients à un stade précoce. Le professeur Borelli conseille :

« Si un patient arrive avec des problèmes de mémoire et a 50 ans ou moins, je peux penser à l’épuisement, à la dépression, au stress. Il est très rare qu’une personne de moins de 65 ans soit atteinte de la maladie d’Alzheimer »

Professeur Wyllians Borelli

Cependant, au-delà de 60 ans, tout problème de mémoire doit faire l’objet d’une investigation approfondie, avec des tests cognitifs validés et, si possible, une imagerie médicale, comme la tomographie par émission de positons (TEP), capable de détecter les plaques amyloïdes.

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