Publié le 16 octobre 2024 12:14:00. Une nouvelle approche thérapeutique pourrait limiter les troubles cognitifs fréquemment observés chez les patients soignés par radiothérapie pour des tumeurs cérébrales, selon une étude expérimentale menée par l’Université de Californie – Irvine.
- Des chercheurs ont identifié une voie immunitaire spécifique, la cascade du système complémentaire, dont le blocage pourrait protéger le cerveau des dommages causés par les radiations.
- Deux méthodes – génétique et pharmacologique – ont permis d’améliorer la mémoire et les performances cognitives chez des souris traitées.
- Un médicament prometteur, le PMX205, déjà testé pour sa sécurité chez l’homme, pourrait être administré par voie orale et pénétrer efficacement dans le cerveau.
La radiothérapie crânienne, souvent utilisée dans le traitement des cancers du cerveau, est malheureusement associée à des effets secondaires cognitifs chez jusqu’à 70 % des survivants. Ces troubles peuvent affecter la mémoire, l’attention et d’autres fonctions cérébrales essentielles. Une équipe de l’Université de Californie – Irvine a exploré une nouvelle piste pour atténuer ces complications, ouvrant la voie à des traitements plus personnalisés et moins invalidants.
L’étude, publiée dans la revue Recherche sur le cancer, révèle que l’inflammation neuronale et les dommages à la mémoire induits par les radiations peuvent être prévenus en bloquant une réaction immunitaire particulière. Les chercheurs se sont concentrés sur l’interaction entre la protéine C5a, un acteur clé du système complémentaire, et son récepteur C5aR1. En interrompant cette communication, ils ont observé une protection significative des fonctions cognitives chez des souris exposées aux radiations, que celles-ci aient ou non une tumeur cérébrale.
Deux approches ont été testées avec succès : l’inactivation génétique du gène C5ar1 et l’administration du médicament PMX205, un inhibiteur de C5aR1. Les résultats ont démontré que les deux méthodes amélioraient la mémoire et les performances cognitives des souris. Plus important encore, aucune des deux interventions n’a compromis l’efficacité de la radiothérapie dans la destruction des cellules cancéreuses, suggérant qu’il est possible de protéger le cerveau sans nuire à l’objectif principal du traitement.
Le PMX205 suscite un intérêt particulier en raison de sa facilité d’administration (par voie orale) et de sa capacité à franchir la barrière hémato-encéphalique. Ce médicament a déjà été évalué dans le cadre d’essais cliniques sur l’homme, notamment en Australie pour le traitement de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), où les premiers résultats n’ont révélé aucun effet indésirable.
Les prochaines étapes de la recherche consisteront à évaluer l’inhibiteur C5aR1 dans des modèles de cancer du cerveau plus complexes, en combinant potentiellement cette approche avec la chimiothérapie standard et des schémas de radiothérapie fractionnée, similaires à ceux utilisés en clinique. L’objectif ultime est de transposer ces résultats prometteurs en thérapies efficaces pour les patients, en adaptant les traitements à leur risque individuel de déclin cognitif.
L’étude, publiée le 15 octobre 2024 dans la revue Recherche sur le cancer, représente une avancée significative dans le développement de thérapies de précision visant à améliorer la qualité de vie des patients atteints de cancer du cerveau, sans compromettre l’efficacité de la radiothérapie.
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