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Aucun lien entre l’autisme et le paracétamol pendant la grossesse

by Sophie Martin

Publié le 24 septembre 2025. Une vaste étude internationale confirme que la prise de paracétamol pendant la grossesse n’est pas associée à un risque accru d’autisme, de trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) ou de déficience intellectuelle chez l’enfant, mettant ainsi fin à une controverse alimentée par des déclarations récentes.

  • Une revue systématique de 43 études et une méta-analyse de 17 études n’ont révélé aucun lien entre l’exposition au paracétamol in utero et ces troubles neurodéveloppementaux.
  • Les conclusions contredisent les affirmations de l’ancien président américain Donald Trump, qui avait suggéré un lien entre le paracétamol et l’augmentation des cas d’autisme.
  • Les experts soulignent que le paracétamol reste un traitement de première intention sûr et recommandé pour soulager la douleur et la fièvre pendant la grossesse.

Les inquiétudes concernant un possible lien entre le paracétamol et les troubles neurodéveloppementaux ont été ravivées l’année dernière lorsque Donald Trump a évoqué une “augmentation fulgurante” des cas d’autisme, pointant du doigt le Tylenol – nom commercial du paracétamol dans certains pays. Il avait même suggéré aux femmes enceintes de “supporter la douleur”, alimentant une polémique vivement critiquée par les associations de défense des personnes autistes et la communauté scientifique.

Pour répondre à ces préoccupations, une équipe internationale de chercheurs a mené une analyse approfondie des données disponibles. Publiée dans la revue The Lancet Obstetrics, Gynecology and Women’s Health, l’étude a examiné les résultats de 43 études incluses dans une revue systématique et de 17 études faisant l’objet d’une méta-analyse, une méthode statistique permettant de combiner les résultats de plusieurs recherches. Les chercheurs ont également pris en compte des études de comparaison entre frères et sœurs, afin de mieux contrôler les facteurs génétiques et familiaux.

Les résultats sont formels : l’exposition au paracétamol pendant la grossesse n’est “pas associée au risque” de troubles du spectre autistique, de TDAH ou de déficience intellectuelle. “Les preuves actuelles n’indiquent pas une augmentation cliniquement significative du risque de troubles du spectre autistique, de TDAH ou de déficience intellectuelle chez les enfants de femmes enceintes qui utilisent du paracétamol comme indiqué, ce qui conforte les recommandations existantes sur sa sécurité”, ont conclu les auteurs de l’étude.

Le professeur Asma Khalil, obstétricienne consultante et spécialiste en médecine fœtale à l’hôpital St George de Londres, et principale auteure de l’étude, a insisté sur l’importance de ces résultats :

« Nous n’avons trouvé aucune augmentation cliniquement significative du risque d’autisme, de TDAH ou de déficience intellectuelle (parmi) les enfants dont les mères ont pris du paracétamol pendant la grossesse. Et c’est le message important adressé aux millions de femmes enceintes : le paracétamol peut être utilisé sans danger pendant la grossesse. Cela reste le traitement de première intention que nous recommanderions si les femmes enceintes ressentent des douleurs ou de la fièvre pendant la grossesse, et il est également conforme aux recommandations ou aux directives de divers organismes nationaux ou internationaux. »

D’autres experts se sont également réjouis de ces conclusions rassurantes. La professeure Gráinne McAlonan, spécialiste des neurosciences translationnelles au King’s College de Londres (KCL), a déclaré :

« Les femmes enceintes n’ont pas besoin du stress de se demander si les médicaments les plus couramment utilisés pour traiter les maux de tête pourraient avoir des effets profonds sur la santé de leur enfant. Cette étude approfondie et claire a abordé la question en menant à la fois une revue systématique substantielle de la littérature et une méta-analyse des études éligibles. Il est important de noter que le projet a donné la priorité aux études sur la conception des frères et sœurs afin de tenir compte des antécédents familiaux, ce qui est crucial. Cela a confirmé qu’il n’y a aucune relation entre la prise de paracétamol pendant la grossesse et un risque plus élevé d’autisme, de TDAH ou de déficience intellectuelle chez la progéniture. Même si l’impact de l’annonce de l’année dernière a été considérable, j’espère que les conclusions de cette étude mettront un terme à cette affaire. »

Pour plus d’informations sur la sécurité du paracétamol pendant la grossesse, vous pouvez consulter le site de l’Agence européenne des médicaments.

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