Publié le 31 décembre 2025 à 18h18. Longtemps considéré comme un mythe, un perroquet nocturne rare a été redécouvert en Australie grâce à une collaboration entre les gardiens traditionnels des terres et des scientifiques, offrant un espoir pour la survie de cette espèce insaisissable.
- Après un siècle d’absence, le perroquet nocturne a été localisé dans le Grand Désert de Sable australien.
- La découverte a été rendue possible grâce à des enregistrements audio et aux connaissances ancestrales des gardiens traditionnels.
- Les dingos sauvages pourraient jouer un rôle inattendu dans la protection des jeunes perroquets nocturnes en contrôlant la population de chats sauvages.
La redécouverte de cet oiseau insaisissable, qui se déplace principalement dans l’obscurité et se cache dans la végétation dense du désert, marque une étape importante pour la conservation de la biodiversité australienne. Pendant près d’un siècle, le perroquet nocturne (Pezoporus occidentalis) était considéré comme une légende, son existence rarement confirmée par des observations directes.
C’est une collaboration fructueuse entre les gardiens traditionnels des terres du pays Ngururrpa et des scientifiques qui a permis de confirmer la présence de cette espèce menacée. Grâce à des méthodes de suivi sophistiquées et à l’intégration des savoirs locaux, l’équipe de recherche a pu établir qu’une population viable de ces oiseaux subsiste encore.
Détection par le son et la technologie
La difficulté d’observer directement ces oiseaux nocturnes a conduit les chercheurs à adopter une approche innovante. Entre 2020 et 2023, ils ont déployé des enregistreurs audio résistants aux intempéries à différents endroits du désert.
Cette stratégie s’est avérée payante, car le perroquet nocturne possède un répertoire vocal unique, facilement identifiable dans le silence de la nuit. Nick Leseberg, écologiste à l’Université du Queensland, a expliqué que les appareils ont capté une variété de sons distinctifs.
« L’un des cris du perroquet nocturne ressemble à “didly dip, didly dip”, un peu comme le son d’un téléphone. Un autre son ressemble à “dink dink”, comme le son d’une cloche. »
Nick Leseberg, écologiste à l’Université du Queensland, cité par The Guardian
L’analyse des enregistrements a révélé que l’oiseau était détecté dans plus de la moitié des sites d’étude, ce qui suggère la présence d’une population stable et non pas seulement d’individus de passage.
Un habitat secret derrière l’herbe spinifex
La recherche a également permis de mieux comprendre les exigences spécifiques de l’habitat de ces oiseaux. Les perroquets nocturnes dépendent fortement des touffes d’herbe spinifex mâle (Triodia longiceps) âgées et touffues.
Ces touffes forment des abris en forme de dôme qui protègent les oiseaux de la chaleur intense et des prédateurs pendant la journée. Cependant, cette herbe protectrice met des années à se développer, et les incendies de forêt, fréquents dans le Grand Désert de Sable, détruisent souvent ces habitats avant qu’ils ne puissent atteindre une maturité suffisante.
Dingo : ennemi ou sauveur ?
Une découverte surprenante est venue compléter le tableau lorsque l’équipe a analysé les données recueillies grâce à des pièges photographiques. Bien que les dingos sauvages soient souvent observés à proximité des habitats des oiseaux, l’analyse des excréments de ces canidés a révélé un rôle inattendu.
Au lieu de s’attaquer aux perroquets nocturnes, les dingos se nourrissent principalement de chats sauvages, qui constituent la principale menace pour les jeunes oiseaux.
« Les dingos semblent contrôler la population de chats. Pour les espèces qui nichent au sol, moins de chats signifie que davantage de poussins survivent au-delà de leurs premières semaines », indique le rapport.
Un pas vers la sauvegarde
Les estimations actuelles suggèrent qu’environ 50 perroquets nocturnes vivent dans la zone protégée étudiée. Ce chiffre, bien que modeste, est significatif pour une espèce dont la population globale est extrêmement faible en Australie.
Pour assurer la pérennité de ces populations, les scientifiques recommandent une gestion plus éclairée des incendies, en s’appuyant sur les connaissances approfondies des gardiens traditionnels. Des brûlages contrôlés en hiver pourraient créer des barrières naturelles qui empêcheraient les grands incendies d’été de détruire les habitats des oiseaux.
L’alliance entre les technologies modernes, telles que le suivi par mini GPS, et la sagesse ancestrale des populations locales offre un espoir réel pour la survie de cet oiseau « mystérieux » dans son environnement naturel.
