Publié le 1er octobre 2025 à 00:57. Le gouvernement portugais a adopté une réforme controversée de l’immigration, grâce au soutien inattendu de l’extrême droite, durcissant les conditions d’accès au territoire et de séjour pour les étrangers.
- La nouvelle loi instaure un délai de résidence légale de deux ans minimum pour le regroupement familial.
- Les visas de recherche d’emploi seront désormais réservés aux profils hautement qualifiés.
- Les Brésiliens, la plus importante communauté d’immigrés au Portugal (plus de 550 000 personnes), ne pourront plus régulariser leur situation après une entrée en tant que touristes.
L’adoption de ce texte, mardi 30 septembre à l’Assemblée nationale, marque un tournant à droite pour le Portugal et suscite de vives critiques de la part des organisations non gouvernementales. Le gouvernement justifie cette réforme par la nécessité de mieux contrôler les flux migratoires et de favoriser une intégration réussie. Avant le vote, le porte-parole du gouvernement avait déclaré que « le temps d’une immigration irresponsable est terminé », tout en soulignant l’importance de « contrôler et réguler les flux pour pouvoir intégrer avec humanisme ».
Cette réforme intervient après l’annulation partielle d’une première version en juillet dernier par le Conseil constitutionnel portugais, qui avait jugé inconstitutionnelles cinq de ses dispositions. La version amendée, approuvée avec les voix de la droite et le soutien du parti d’extrême droite Chega, renforce donc les critères d’accès à l’immigration.
Mariana Carneiro, dirigeante de l’ONG SOS Racismo, dénonce une dérive inquiétante.
« Cette approbation, main dans la main avec Chega, est véritablement un coup de poignard supplémentaire pour la Constitution de la République portugaise, pour toutes les conventions Européennes des droits de l’homme, et pour la charte fondamentale des droits de l’homme. C’est une attaque flagrante contre les personnes qui choisissent de vivre ici et de travailler ici. »
Mariana Carneiro, dirigeante de SOS Racismo
Selon les chiffres officiels, les étrangers représentent 15 % de la population totale du Portugal. La réforme devrait particulièrement affecter la communauté brésilienne, qui constitue le contingent d’immigrés le plus important du pays.
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