Publié le 20 décembre 2025 à 14h48. Une chercheuse spécialisée dans le cancer partage des conseils précieux pour éviter les maladresses et offrir un soutien véritable aux personnes concernées, en s’appuyant sur les témoignages recueillis auprès de plus de 90 patients.
À l’approche des fêtes de fin d’année, les réunions familiales peuvent parfois être source d’inconfort, notamment lorsqu’il s’agit d’aborder le sujet du cancer. Carmen Monge Montero, chercheuse et défenseure des droits des patients atteints de cancer, a partagé sur LinkedIn des recommandations pour mieux accompagner les personnes touchées par la maladie.
Son travail, basé sur plus de 90 entretiens individuels menés dans le cadre du projet MANO Beyond Cancer (initialement 75 au moment de la première rédaction de son article), révèle les réactions les plus courantes – et souvent les plus blessantes – face à l’annonce d’un diagnostic. Elle a cherché à identifier les phrases à éviter absolument et à proposer des alternatives plus empathiques.
« Quelle est la chose la plus étrange ou la plus stupide qu’on vous ait jamais dite à propos du cancer ? » Cette question, posée à de nombreux patients, a suscité des réponses allant du rire à l’émotion, mais a surtout mis en lumière la stigmatisation et l’incompréhension qui entourent souvent la maladie.
Ce qu’il ne faut surtout pas dire
Carmen Monge Montero souligne que la plupart des personnes qui commettent ces erreurs de communication agissent avec de bonnes intentions, mais manquent souvent de recul et de sensibilité. Elle identifie cinq types de phrases particulièrement problématiques :
- « Au moins toi… » ou « Tu as de la chance que… » Ces tentatives de relativisation peuvent minimiser la souffrance du patient et lui faire ressentir de la culpabilité. Des témoignages rapportent des commentaires tels que : « Au moins, tu vas avoir un nouvel implant mammaire, c’est positif ! » ou « Tu as l’air bien, le cancer t’a aidé ! ».
- « Tu devrais… » / « Essaye ça… » / « Arrête de faire ça… » Les conseils non sollicités, même bien intentionnés, sont rarement utiles. Ils ignorent le contexte médical spécifique de chaque patient et les traitements qu’il suit déjà. Des exemples incluent des recommandations de régimes alimentaires extrêmes ou de pratiques alternatives non prouvées.
- « Cela vous est arrivé parce que… » ou vous posez un supposé diagnostic Attribuer la responsabilité de la maladie à des facteurs externes ou à des choix de vie est non seulement inexact, mais aussi profondément blessant. Il est essentiel d’éviter les jugements de valeur et de se concentrer sur le soutien.
- « Un de mes proches a eu ça… » Bien que l’intention soit de créer un lien d’empathie, partager son propre vécu peut détourner l’attention de la personne qui s’ouvre et minimiser son expérience.
- « Tu es si fort… courageux… super-héros… guerrier » Si l’objectif est d’encourager, ces compliments peuvent parfois sembler artificiels et ne pas correspondre aux sentiments réels du patient, qui peut se sentir vulnérable et dépassé par les événements.
« J’appelle cela le ‘visage du cancer’ », explique la chercheuse. « Ce n’est pas l’œuvre de la personne atteinte du cancer, mais celle de l’autre personne qui entend l’histoire. » Ce mélange de pitié, de choc et d’incapacité à trouver les mots justes peut laisser des traces durables.
Que dire à la place ?
Carmen Monge Montero propose une approche plus simple et plus efficace : poser une question ouverte ou offrir son soutien sans condition. Des phrases comme « Veux-tu en parler ? », « Comment puis-je t’aider ? », « Comment te sens-tu maintenant ? » ou simplement « Je suis là pour toi » peuvent créer un espace de dialogue et permettre à la personne de s’exprimer à son rythme.
« Garder l’espace est plus difficile qu’il n’y paraît », souligne-t-elle. Il est important d’écouter attentivement, sans interrompre ni chercher à donner des conseils, et de se concentrer sur les besoins de la personne qui partage son expérience.
« Après plus de 75 entretiens, j’ai réalisé que la chose la plus puissante que nous puissions offrir est la présence, pas les réponses », conclut Carmen Monge Montero.
Si vous souhaitez en savoir plus sur le projet MANO Beyond Cancer et découvrir les témoignages des patients, vous pouvez consulter les interviews disponibles en ligne.
Avertissement : Cet article est basé sur les réflexions personnelles de l’auteure et les tendances observées lors d’entretiens avec des survivants du cancer dans le cadre du projet MANO Beyond Cancer. L’expérience de chaque personne est unique et il est possible que certaines perspectives n’aient pas encore été prises en compte.

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