Publié le 23 novembre 2025 15:45:00. Les rayons des supermarchés regorgent de produits vantant des vertus santé, mais derrière les étiquettes aguicheuses se cachent souvent des aliments aussi transformés, voire plus, que ceux qu’ils prétendent remplacer. Une vigilance accrue sur la composition des produits est donc de mise pour ne pas tomber dans le piège du « halo santé ».
- De nombreux produits alimentaires affichent des allégations santé trompeuses, comme « léger », « naturel » ou « bio », masquant une composition riche en sucres et en ingrédients ultra-transformés.
- Le « halo santé », créé par des emballages attrayants ou des présentations spécifiques, encourage une consommation excessive et une moindre attention à la qualité nutritionnelle.
- Les nutritionnistes recommandent de privilégier la lecture attentive de la liste des ingrédients plutôt que de se fier aux allégations marketing sur l’emballage.
Dans les supermarchés, l’offre de produits se présentant comme bénéfiques pour la santé ne cesse de croître. Des mentions telles que « léger », « naturel », « bio », « sans sucre » ou « riche en protéines » attirent l’œil des consommateurs. Pourtant, une analyse plus approfondie révèle que ces aliments sont souvent loin d’être des options réellement saines, se rapprochant davantage des produits sucrés ou ultra-transformés que nous cherchons à éviter.
Les experts parlent de « halo santé » : une impression que l’aliment est bon pour la santé simplement parce qu’il arbore un fruit sur l’emballage, un mot à la mode sur l’étiquette ou qu’il est placé dans le rayon « santé » du magasin. Ce halo nous pousse à manger sans culpabilité, en portions plus importantes et avec moins de discernement.
Les céréales et granolas pour petit-déjeuner en sont un exemple frappant. L’emballage met en avant l’avoine complète, les fibres et l’énergie pour bien démarrer la journée, mais dans de nombreux cas, le sucre – sous différentes formes comme le miel ou les sirops – est le premier ingrédient de la liste. Le résultat est un produit croquant et appétissant, mais qui se rapproche davantage d’un dessert. De plus, les portions recommandées, généralement de 30 grammes, sont rarement respectées par les consommateurs.
Les yaourts aromatisés et les versions buvables suivent une logique similaire. Le yaourt nature, sans sucre ajouté, est un aliment sain. Le problème survient avec l’ajout de couches de sucre, d’arômes artificiels, de confitures, de morceaux de biscuits ou de sauces sucrées. Ces produits ressemblent alors plus à une crème anglaise ou à un flan qu’à un véritable yaourt.
Le marketing joue également un rôle important dans le domaine des boissons. Les jus et certains smoothies sont souvent présentés comme un moyen facile de consommer des fruits. Or, un jus n’est pas équivalent à un fruit entier. Le pressage élimine la quasi-totalité des fibres, ne laissant qu’une eau riche en sucres naturels, très concentrés. Un seul verre de jus peut contenir le sucre de plusieurs fruits, entraînant une augmentation rapide de la glycémie et une sensation de faim peu de temps après. Les smoothies préparés ne sont pas exempts de ce problème, car ils sont souvent à base de jus de fruits, de purées concentrées et parfois de sucres ajoutés.
L’étiquette « sans gluten » est également devenue un argument de vente prisé. Elle est essentielle pour les personnes atteintes de la maladie cœliaque ou d’une sensibilité au gluten diagnostiquée. Cependant, le « sans gluten » est souvent perçu à tort comme synonyme de régime plus sain. De nombreux biscuits, muffins ou pains sans gluten sont fabriqués à partir de farines de maïs ou de riz hautement raffinées, d’amidons et d’une longue liste d’additifs. Pour compenser le manque de texture et de saveur, l’industrie utilise généralement davantage de graisses et de sucres, ce qui peut rendre ces produits encore moins sains que leurs équivalents contenant du gluten.
Les barres énergétiques et les mélanges de fruits secs ne sont pas non plus toujours vertueux. Si certaines sont à base de noix et de fruits déshydratés sans sucre ajouté, d’autres contiennent du chocolat, du yaourt sucré, du caramel, du miel en grande quantité et des huiles de mauvaise qualité.
Même la salade peut être un piège. Commander une salade au restaurant semble être un choix sain, mais tout dépend de sa composition. Une base de laitue, quelques légumes et une vinaigrette légère peuvent rapidement se transformer en une bombe calorique avec l’ajout de fromage gras, de bacon croustillant et surtout, de sauces crémeuses industrielles comme la César ou le miel et la moutarde, souvent riches en mayonnaise industrielle, en sucres et en huiles de mauvaise qualité.
Enfin, les boissons gazeuses « zéro » ou « light » sont souvent perçues comme une solution facile pour ceux qui souhaitent contrôler leur poids sans renoncer au goût sucré. Bien qu’elles ne contiennent ni sucre ni calories, de nombreux nutritionnistes s’inquiètent de leur consommation régulière, non pas en raison d’un aliment spécifique, mais du modèle qu’elles promeuvent : une préférence marquée pour les saveurs intensément sucrées, au détriment de l’eau, des infusions ou de l’eau gazeuse aromatisée au citron. La plupart des experts s’accordent à dire qu’une consommation occasionnelle de ce type de soda ne ruinera pas un régime, mais déconseillent d’en faire une source d’hydratation quotidienne.
Les nutritionnistes insistent sur l’importance de lire attentivement la liste des ingrédients plutôt que de se fier aux allégations marketing sur l’emballage. L’ordre des ingrédients indique leur proportion dans le produit : si les premiers sont du sucre, des farines raffinées ou des huiles de mauvaise qualité, le produit ne sera probablement pas un bon choix. Ils recommandent également de privilégier les aliments peu transformés : fruits, légumes, légumineuses, noix, œufs, poisson, viande fraîche, produits laitiers naturels et céréales complètes.
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