Après plus de 15 ans de croissance, les marchés financiers américains pourraient bien connaître une période de correction, selon une analyse récente. Les discussions lors de rencontres estivales avec les clients ont mis en évidence les similitudes et les différences entre le marché actuel et les périodes de prospérité passées.
L’histoire des marchés boursiers est jalonnée de cycles haussiers et baissiers. Après la Seconde Guerre mondiale, en 1945, alors que le retour massif des troupes suscitait des craintes de nouvelle dépression, le marché a connu une période de 23 ans de croissance continue entre 1942 et 1965, suivie de 15 années de stagnation. Le Dow Jones Industrial Average (DJIA) a atteint son point bas en décembre 1941, mais le véritable rebond a commencé en mai 1942.
Les années 1970 ont été marquées par des turbulences politiques et économiques : guerre du Vietnam, scandale du Watergate, crise pétrolière, envolée des prix de l’essence (de 0,30 $ le gallon à 3 $ le gallon, soit environ 0,08 € à 0,80 € au cours actuel). Cette décennie difficile a coïncidé avec le premier marché baissier de plus de 50 % pour le S&P 500, entre 1973 et 1974, une correction qui n’avait pas été observée depuis 1945.
Un tournant s’est produit en 1982, marquant le début d’un marché haussier exceptionnel qui a duré jusqu’en 2000. L’essor de la technologie, d’abord avec les ordinateurs personnels, puis avec l’internet et l’introduction en bourse de Netscape en 1995, a stimulé une croissance économique et financière sans précédent. Cette période a été caractérisée par une concentration importante des investissements dans le secteur technologique, atteignant 33 % du poids du S&P 500 en mars 2000.
Entre 2000 et 2009, le S&P 500 a connu deux marchés baissiers de plus de 50 %. Le premier, au début des années 2000, a corrigé la surévaluation des valeurs technologiques, tandis que le second, en 2007-2008, a sanctionné l’excès de crédit et la bulle immobilière. Sur l’ensemble de la décennie, le rendement cumulé du S&P 500 n’a été que de 11 à 12 %.
Depuis le 9 mars 2009, les marchés ont connu une nouvelle phase de croissance. La question est de savoir si ce marché haussier actuel, qui dure depuis 15 à 16 ans, ou celui qui a débuté en mai 2013, lorsque le S&P 500 a atteint un nouveau sommet historique, est le plus comparable à celui de 1982-2000.
Plusieurs similitudes ressortent. Le secteur technologique représente aujourd’hui 34 % du S&P 500, contre 33 % en 2000. De plus, les secteurs de la technologie et de la finance dominent à nouveau les marchés, représentant ensemble 48 % de la capitalisation boursière du S&P 500. Des figures emblématiques de la gestion de fonds, comme Julian Robertson dans les années 1990 et Jim Chanos plus récemment, ont publiquement exprimé leurs inquiétudes face à la valorisation excessive de certaines actions.
Cependant, des différences notables existent. Le sentiment actuel sur les marchés est plus volatil qu’il ne l’était dans les années 1990, passant rapidement de l’euphorie à la peur. De plus, le poids des bénéfices du secteur technologique est plus important aujourd’hui (environ 20 %) qu’en 2000 (13 %). La qualité des revenus des entreprises est également jugée supérieure à celle observée à la fin des années 1990.
Selon l’analyse, il est crucial pour les investisseurs de diversifier leurs portefeuilles et d’inclure des actifs non corrélés aux marchés boursiers traditionnels. Des valeurs comme Nike, Cisco, Intel, IBM et Boeing pourraient offrir une diversification intéressante.
Il est important de souligner que ces observations ne constituent pas des conseils d’investissement. Les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs et chaque investisseur doit évaluer son propre niveau de tolérance au risque.
