Publié le 28 septembre 2025 à 11h35. Plusieurs organisations de presse indonésiennes dénoncent une atteinte à la liberté de la presse après le retrait de l’accréditation de presse d’une journaliste de CNN Indonésie par les services de communication du palais présidentiel, suite à des questions posées sur un programme gouvernemental.
- L’Association des journalistes de télévision indonésiens (IJTI) et l’Association centrale des journalistes indonésiens (PWI) ont exprimé leur vive préoccupation.
- Les organisations de presse estiment que cette action pourrait limiter l’accès du public à l’information et constitue une entrave au travail journalistique.
- Elles rappellent l’importance de l’indépendance de la presse, garantie par la loi indonésienne sur la presse de 1999.
L’incident a débuté samedi 27 septembre, lorsque Diana Valencia, journaliste de CNN Indonésie, s’est vu retirer son autorisation d’accès au palais présidentiel. Cette décision fait suite à ses questions concernant le programme MBG (nom complet non précisé dans la source), un programme nutritionnel qui, selon l’IJTI, soulève des questions d’intérêt public et relève de l’éthique journalistique.
L’IJTI a souligné que le président Prabowo Subianto avait d’ailleurs donné des informations sur le programme MBG, soulignant son importance pour l’opinion publique. L’association a rappelé que l’article 18 de la loi sur la presse de 1999 prévoit des sanctions pénales (jusqu’à deux ans de prison et une amende maximale de 500 millions de roupies indonésiennes, soit environ 30 000 euros au taux de change actuel) pour toute action entravant la liberté de la presse.
« L’action de révoquer les cartes d’identité de couverture peut être considérée comme une forme de travail journalistique, qui a le potentiel de limiter l’accès public à l’information. »
Herik Kurniawan, président de l’IJTI
L’Association centrale des journalistes indonésiens (PWI) a également condamné cette mesure, estimant qu’elle porte atteinte à l’indépendance de la presse, un principe constitutionnel protégé par l’article 28f de la Constitution indonésienne de 1945 et l’article 4 de la loi sur la presse. Selon Akhmad Munir, président du PWI, le fait de justifier la révocation de l’accréditation en invoquant des questions posées en dehors de l’agenda présidentiel est inacceptable, car cela entrave le travail des journalistes et limite le droit du public à l’information.
Le Forum des chefs de rédaction a également exprimé son mécontentement et a appelé les services de communication du palais à fournir des explications claires sur les raisons de cette décision. Le Forum soutient les démarches entreprises par CNN Indonésie pour contester cette révocation d’accréditation.
D’autres organisations, telles que l’Alliance des journalistes indépendants de Jakarta (AJI) et l’Institut d’aide juridique à la presse (LBH Press), ont également dénoncé cette action, la qualifiant de menace pour la liberté de la presse en Indonésie. Elles demandent aux services de communication du palais de s’excuser et de restituer l’accréditation à la journaliste de CNN Indonésie.
La rédactrice en chef de CNN Indonésie, Titin Rosmasari, a confirmé que des agents des services de communication du palais se sont rendus au bureau de la chaîne de télévision hier soir pour récupérer l’accréditation de Diana Valencia.
Le ministre d’État, Prasetyo Hadi, n’a pas souhaité commenter l’affaire.
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