Publié le 5 décembre 2025 à 14h12. Le Réseau de transport de la Capitale (RTC) défie les orientations du gouvernement du Québec en matière d’électrification de sa flotte, estimant que cette transition forcée est coûteuse et peu bénéfique pour l’environnement.
- Le RTC juge sa décision de suspendre l’électrification «légale» et «responsable».
- L’organisme réclame un financement pour le garage Newton et le maintien des subventions pour les autobus hybrides.
- La fréquentation des autobus a diminué en 2025, en partie à cause des grèves.
Le RTC se sent «pris en otage» par les exigences gouvernementales en matière d’électrification, a déclaré son directeur général, Nicolas Girard, vendredi matin lors d’une conférence de presse à l’hôtel de Ville de Québec. L’annonce intervient après la publication, par erreur, du budget 2026 de l’organisme sur le site web de la Ville, révélant le retrait de la transition électrique du programme d’immobilisations du RTC pour la période 2026-2035.
Selon M. Girard, l’électrification massive et rapide des autobus n’aurait qu’un impact marginal sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) au Québec – seulement 0,4% selon ses estimations. Il a également souligné l’absence d’impact sur la congestion routière.
«Actuellement, si on électrifie tous les autobus urbains au Québec, on va réduire de seulement 0,4% les émissions de GES au Québec. Quel est l’impact pour la lutte à la congestion? Zéro»
Nicolas Girard, directeur général du RTC
Le RTC demande spécifiquement au gouvernement provincial de financer le garage Newton dans sa configuration actuelle (non électrifiée), de reprendre les subventions pour les autobus hybrides – qui avaient été interrompues en 2025 – et de revoir ses cibles d’électrification. Le gouvernement du Québec vise une électrification de 55% du parc d’autobus urbains d’ici 2030.
L’enjeu principal pour le RTC est de ne pas voir les 100 millions de dollars déjà investis dans le garage Newton être gaspillés. Le chantier avait été mis en pause par le gouvernement québécois au printemps dernier, en raison de compressions budgétaires. Avec les deux autres garages du RTC déjà saturés, l’achèvement du garage Newton est crucial pour assurer le bon fonctionnement du réseau.
M. Girard a suggéré que d’autres sociétés de transport en commun à travers le Québec pourraient suivre l’exemple du RTC, dénonçant une situation où les organismes sont contraints d’atteindre des objectifs d’électrification sans disposer des ressources financières nécessaires pour construire les infrastructures adéquates.
«Les sociétés de transport sont actuellement prises en otage. On leur impose des cibles [d’électrification]. On leur impose des objectifs sans avoir les ressources financières pour construire des infrastructures qui leur permettent d’opérer correctement les autobus électriques»
Nicolas Girard, directeur général du RTC
Les 13 jours de grève survenus en 2025 ont eu un impact négatif sur la fréquentation du RTC, qui est passée de 31,5 millions de passagers en 2024 à 30,4 millions en 2025 (prévisions). M. Girard a également noté des changements d’habitudes chez certains usagers qui n’ont pas repris le transport en commun après les arrêts de travail.
Au moment de la publication de cet article, le ministre des Transports, Jonatan Julien, n’avait pas encore commenté les déclarations du RTC.
