Eli Lilly a franchi un cap historique vendredi 21 novembre 2025, devenant la première entreprise du secteur de la santé à atteindre une capitalisation boursière de 1 000 milliards de dollars (environ 927 milliards d’euros). Cette performance, portée par le succès de ses traitements contre l’obésité et le diabète, propulse le géant pharmaceutique américain au rang des entreprises les plus valorisées au monde.
L’action LLY a brièvement dépassé ce seuil lors des transactions de la matinée, rejoignant un cercle restreint dominé jusqu’alors par des entreprises technologiques comme Apple, Microsoft et Nvidia. À 10 h 48, heure de l’Est (16h48 heure française), le titre s’échangeait autour de 1 050,59 dollars (environ 975 euros) par action, affichant une hausse de 0,70 % sur la journée. La capitalisation boursière de l’entreprise s’élevait alors à 941,8 milliards de dollars (environ 873 milliards d’euros), avant de se stabiliser légèrement en dessous de la barre des 1 000 milliards.
Cette ascension spectaculaire représente une progression de plus de 37 % depuis le début de l’année, surpassant largement la performance du S&P 500, qui a gagné 11,34 % sur la même période. Sur cinq ans, la croissance est encore plus impressionnante, avec un bond de 660,93 % pour l’action Eli Lilly, contre 84,08 % pour l’indice S&P 500.
Le succès des médicaments Zepbound et Mounjaro, respectivement approuvés fin 2023 et en mai 2022, est au cœur de cette dynamique. Zepbound, un traitement contre l’obésité, et Mounjaro, destiné aux personnes diabétiques, ont généré un chiffre d’affaires combiné de plus de 10,09 milliards de dollars (environ 9,3 milliards d’euros) au dernier trimestre, représentant plus de la moitié du chiffre d’affaires total de l’entreprise (17,6 milliards de dollars, soit environ 16,2 milliards d’euros).
Eli Lilly gagne du terrain sur son concurrent direct, Novo Nordisk, sur le marché en plein essor des médicaments amaigrissants, estimé à 150 milliards de dollars (environ 139 milliards d’euros) d’ici 2030. Les médicaments de l’entreprise, basés sur le tirzépatide, agissent en imitant deux hormones intestinales (GLP-1 et GIP), offrant un double mécanisme d’action qui les distingue des produits de Novo Nordisk, qui ciblent uniquement le GLP-1.
L’entreprise prévoit de lancer l’année prochaine une version orale de ses médicaments contre l’obésité, offrant ainsi une alternative plus pratique aux injections et potentiellement facilitant la production. Des accords récents avec l’administration américaine pour réduire les prix des médicaments et des investissements dans l’augmentation de la capacité de production soutiennent également les perspectives de croissance d’Eli Lilly. Selon les analystes de Citi, la nouvelle génération de médicaments GLP-1 représente déjà un « phénomène commercial », et le forglipron, le prochain médicament oral, devrait capitaliser sur les bases établies par ses prédécesseurs injectables.
À ce stade, les analystes financiers restent optimistes, avec un objectif de cours moyen de 1 012,19 dollars (environ 937 euros) et un objectif maximum de 1 500 dollars (environ 1 390 euros), témoignant d’une confiance continue dans le potentiel de croissance de l’entreprise.
Sur le même sujet
