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Extrait de « Incredible Aviation Stories » : Au Caire à balles réelles

by Amélie Bernard

Publié le 2024-02-29 14:35:00. L’aviation d’affaires, souvent perçue comme un symbole de luxe, peut parfois être le théâtre de requêtes insolites et potentiellement illégales. Un ancien responsable des opérations aériennes relate une affaire particulière impliquant le transport de munitions, et met en lumière les risques et les contrôles liés au fret aérien.

  • En 1984, une entreprise autrichienne a tenté de transporter discrètement 400 kg de munitions de Vienne au Caire à bord d’un Cessna C421.
  • Les contrôles rigoureux, impliquant douanes, police et autorités étrangères, sont essentiels pour prévenir le transport illégal de marchandises par voie aérienne.
  • Des incidents similaires, impliquant des fausses déclarations et des confiscations d’avions, soulignent les dangers auxquels sont confrontés les pilotes et les compagnies aériennes.

C’est en octobre 1984 qu’une demande inhabituelle est arrivée sur le bureau de cet ancien responsable des opérations aériennes. Une usine de munitions autrichienne souhaitait acheminer 400 kg de munitions de Vienne au Caire. L’appareil choisi pour cette mission délicate : un Cessna C421, un avion à hélices bimoteur. La cargaison avait été déclarée sous la dénomination trompeuse de « capuchons d’amorçage », une appellation qui n’a pu être vérifiée.

« En tant que responsable des opérations aériennes, il était de ma responsabilité d’évaluer la faisabilité de cette opération », se souvient-il. La tâche s’avérait complexe, nécessitant bien plus que les contacts habituels avec les sociétés de manutention et les autorités de contrôle aérien. Il fallait également obtenir l’accord des douanes, de la police d’État et du ministère autrichien des Affaires étrangères.

Outre les démarches administratives, la conversion de l’appareil de configuration passagers à configuration fret impliquait une augmentation significative de la couverture d’assurance. L’assurance, bien que généreuse, a exigé une prime supplémentaire de 35 000 ATS (soit l’équivalent d’environ 2 543 €) pour une durée de seulement deux jours. Une clause importante était également stipulée : aucune couverture en cas de confiscation due à des activités illégales.

L’anticipation d’un premier voyage au Caire était palpable. Le pilote se préparait minutieusement à l’atterrissage, conscient de la délicatesse de la cargaison, tant à l’escale de Salonique qu’à l’aéroport de destination. Cependant, le client a finalement annulé le vol à la dernière minute. Un soulagement discret a envahi le pilote, qui avait ressenti un malaise croissant pendant la préparation et doutait du bon déroulement de l’opération.

Les années suivantes ont confirmé que ce type de vol n’était pas sans risque. Les chargeurs, désireux d’acheminer leurs marchandises à destination, peuvent faire preuve d’une grande ingéniosité dans la déclaration du contenu. Ces vols attirent également l’attention des autorités, qui les surveillent de près. Un collègue pilote a ainsi été arrêté en Grèce alors qu’il faisait le plein de marchandises suspectes. Son avion a été confisqué et il a passé plusieurs semaines en prison avant d’être libéré.

Un autre incident a impliqué un vol reliant Houston, aux États-Unis, à l’Afrique du Sud. Au lieu des produits en acier déclarés, les douanes ont découvert d’énormes quantités d’armes à bord. L’équipage a également été incarcéré pendant quelques jours et l’avion, un Boeing B707, a été définitivement confisqué, ne revenant jamais à son propriétaire.

Pour en savoir plus sur ces histoires et d’autres, consultez www.fotogruber.eu.

À propos des photos :

Le Cessna C421 de Donauflug à l’aéroport de Vienne
La cabine du C421 en version passagers.
Le cockpit du C421.
La réglementation internationale pour le transport de marchandises dangereuses.

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