Publié le 5 octobre 2024 18h53. Les femmes atteintes de syndrome coronarien aigu (SCA) bénéficient d’une prise en charge de plus en plus similaire à celle des hommes en Australie, mais des disparités persistent en termes de traitements et de résultats, soulignant la nécessité d’une vigilance accrue.
- Une étude récente montre que les femmes victimes d’un infarctus du myocarde (STEMI) reçoivent moins souvent des traitements invasifs et une thérapie préventive optimale que les hommes.
- Bien que l’écart de traitement se réduise, notamment grâce à une meilleure sensibilisation, il faudra encore des décennies pour l’éliminer complètement au rythme actuel.
- Les patientes sont souvent plus âgées, présentent davantage de comorbidités et vivent dans des zones défavorisées, ce qui peut influencer leur prise en charge.
Depuis les années 1990, la communauté médicale est consciente d’un biais de genre dans la prise en charge des maladies cardiovasculaires. En 1991, la Dr Bernadine Healy avait déjà souligné que les femmes devaient présenter des symptômes « comme un homme » pour recevoir un traitement équivalent. Malgré des efforts considérables pour améliorer la reconnaissance et le traitement des maladies cardiaques chez les femmes, des inégalités subsistent, tant en Australie qu’à l’échelle mondiale.
Une étude rétrospective menée par Kazi et ses collègues sur la période 2011-2020 dans les hôpitaux de Nouvelle-Galles du Sud a examiné le traitement et l’évolution des patients victimes d’un premier épisode de STEMI (infarctus du myocarde avec sus-décalage du segment ST). Les résultats confirment que les femmes atteintes de STEMI sont en moyenne plus âgées et souffrent de plus de problèmes de santé préexistants que les hommes. Elles sont également plus susceptibles de résider dans des zones socio-économiquement défavorisées.
L’étude révèle que les femmes sont moins souvent soumises à une angiographie rapide, à une angioplastie coronaire (intervention coronarienne percutanée) ou à un pontage coronarien. En conséquence, elles présentent un taux plus élevé d’événements cardiovasculaires indésirables et une mortalité plus élevée dans les douze mois suivant leur admission à l’hôpital. Cependant, les chercheurs ont observé une augmentation des taux d’angiographie et d’angioplastie pour les deux sexes entre 2011 et 2020, avec une progression plus rapide chez les femmes. De même, la diminution de la mortalité cardiovasculaire et de la mortalité globale a été légèrement plus rapide chez les patientes.
Les raisons de ces disparités sont complexes et nécessitent des recherches approfondies. L’âge moyen plus élevé et les comorbidités plus fréquentes des patientes, ainsi que la prévalence plus élevée de certains types d’infarctus du myocarde, comme ceux sans obstruction coronarienne visible ou les dissections spontanées des artères coronaires, pourraient jouer un rôle. Comme le soulignent Kazi et ses collaborateurs, la nature rétrospective de l’étude limite la possibilité d’établir des liens de causalité directs.
La réduction de l’écart de traitement observée au cours de la dernière décennie est un signe encourageant. Cette amélioration pourrait être liée à une meilleure sensibilisation à la présentation atypique des maladies cardiaques chez les femmes et à une reconnaissance accrue des facteurs de risque spécifiques au genre. Il est notable que cette progression s’est produite sans l’instauration de mesures spécifiques basées sur le sexe, contrairement à ce qui a été observé dans certains centres aux États-Unis. Néanmoins, les auteurs estiment qu’il faudra encore de nombreuses années, au rythme actuel, pour combler complètement l’écart de mortalité de près de six points observé à 12 mois. Il est donc impératif d’accélérer les efforts pour réduire ces disparités et d’approfondir la compréhension des raisons pour lesquelles les patientes reçoivent un traitement différent.
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