Home SantéHealthcare Asia Daily News – La principale source d’actualités et d’informations en Asie sur la santé et l’industrie médicale, la technologie médicale, les activités de santé et la R&D, les événements liés à la santé. En ligne depuis 2010

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by Sophie Martin

Les allergies infantiles sont en forte augmentation en Malaisie, touchant désormais près d’un enfant sur cinq. Face à cette tendance inquiétante, les spécialistes soulignent l’importance d’une vigilance accrue des parents et d’une meilleure compréhension des facteurs déclencheurs et des moyens de prévention.

« Les allergies ne se limitent pas à de simples éternuements ou à des éruptions cutanées : elles peuvent avoir un impact profond sur la qualité de vie d’un enfant », explique le Dr Noor Zehan Abdul Rahim, pédiatre consultant et spécialiste en pneumologie pédiatrique au Sunway Medical Centre. « La vie urbaine expose les enfants à des niveaux plus élevés d’allergènes, tels que les acariens, la fumée et la pollution. Bien que les parents ne puissent pas tout contrôler, ils peuvent agir pour faire de leur foyer un environnement plus sûr. »

Les allergènes les plus fréquemment rencontrés chez les enfants malaisiens sont les acariens, présents dans la literie, les tapis et les meubles rembourrés. Les squames d’animaux, même ceux considérés comme hypoallergéniques, constituent également une cause importante de réactions allergiques. Bien que moins répandues qu’en Occident, les allergies alimentaires, notamment aux arachides, aux crustacés et au lait, sont également à surveiller. Le pollen et les moisissures, particulièrement présents dans les zones urbaines humides, peuvent également poser problème.

Les symptômes des allergies peuvent varier considérablement et se manifestent généralement entre 2 et 3 ans, bien que les allergies alimentaires puissent apparaître dès l’âge de 6 mois et les allergies respiratoires, comme le rhume des foins, vers 5 ou 6 ans. Les déclencheurs respiratoires se traduisent souvent par des éternuements, de la toux, une respiration sifflante ou une congestion nasale. La rhinite allergique, l’allergie infantile la plus courante, se caractérise par des éternuements, un écoulement nasal et une obstruction nasale. Des éruptions cutanées ou de l’eczéma peuvent signaler des causes environnementales ou alimentaires, tandis que des vomissements ou de la diarrhée peuvent indiquer une allergie alimentaire.

Le Dr Zehan Abdul Rahim conseille aux parents de rester attentifs aux symptômes récurrents. « Si un enfant réagit fréquemment après avoir consommé certains aliments ou été exposé à des environnements spécifiques, il est important d’approfondir les investigations. » Elle recommande de tenir un journal des symptômes pour identifier les schémas et les déclencheurs potentiels.

Ignorer les allergies peut avoir des conséquences à long terme. Une rhinite allergique persistante peut entraîner une sinusite chronique ou de l’asthme, perturbant le sommeil, la concentration et les activités quotidiennes de l’enfant. Les taux d’asthme chez les enfants malaisiens ont d’ailleurs augmenté, passant de 6,4 % à 9,4 % chez les enfants de 6 à 7 ans et de 9 % à 13 % chez les 13 à 14 ans, selon une étude récente.

« L’asthme déclenché par des allergies non traitées peut avoir un impact significatif sur la vie d’un enfant s’il n’est pas correctement géré », prévient le Dr Zehan Abdul Rahim. « Il est regrettable de voir des enfants lutter contre un problème qui pourrait souvent être évité ou maîtrisé. »

Pour réduire l’exposition aux allergènes et gérer les symptômes, les parents peuvent adopter des mesures simples mais efficaces : nettoyer et désencombrer régulièrement leur logement en utilisant des housses anti-acariens et un aspirateur équipé de filtres HEPA, éliminer l’exposition à la fumée (même sur les vêtements), gérer les allergènes liés aux animaux de compagnie en les tenant éloignés des chambres, introduire prudemment les aliments allergènes sous surveillance médicale entre 4 et 6 mois (en évitant les arachides entières pour prévenir les risques d’étouffement) et choisir judicieusement les purificateurs d’air en évitant les parfums ou les produits chimiques irritants.

Le Dr Zehan Abdul Rahim insiste sur l’importance de dissiper les idées reçues sur les allergies. Contrairement à une croyance répandue, de nombreuses allergies persistent à l’âge adulte et peuvent affecter la qualité de vie si elles ne sont pas prises en charge. De même, éviter les déclencheurs comme les boissons froides ne prévient pas les problèmes respiratoires. « Avec une prise en charge appropriée, les enfants souffrant d’asthme ou de rhinite allergique peuvent profiter pleinement de leurs activités sans restrictions inutiles », assure-t-elle.

Les parents s’inquiètent parfois de la dépendance aux inhalateurs, mais le Dr Zehan Abdul Rahim les rassure : « Les inhalateurs ne créent pas de dépendance. Ce sont des outils précieux qui aident les enfants à respirer librement et à s’épanouir. À mesure que l’état s’améliore, la dépendance aux médicaments peut être progressivement réduite. »

La pandémie de COVID-19 a également eu un impact sur les tendances en matière d’allergies. Les confinements ont temporairement réduit l’exposition des enfants aux infections, atténuant les symptômes respiratoires, mais limitant également les opportunités de renforcer leur immunité. « Une exposition réduite signifiait que les enfants ne parvenaient pas à développer leur immunité, ce qui les rendait plus vulnérables après la COVID-19 », explique le Dr Zehan Abdul Rahim.

Elle encourage les parents à trouver un équilibre en réintroduisant progressivement leur enfant dans des environnements diversifiés tout en maintenant une bonne hygiène, afin de reconstruire ses défenses immunitaires et d’identifier les allergènes potentiels.

La gestion des allergies infantiles nécessite une collaboration étroite entre les parents et les professionnels de la santé. Des consultations régulières avec un pédiatre sont essentielles pour un diagnostic et un traitement précoces. « Les premières années sont cruciales pour la santé à long terme », souligne le Dr Zehan Abdul Rahim. « Restez informés, agissez et n’hésitez pas à consulter un médecin. Chaque pas que vous faites aujourd’hui contribuera à offrir à votre enfant une vie plus saine et plus heureuse. »

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