Home SantéIls découvrent pourquoi les vaccins protègent moins les plus de 65 ans et proposent des solutions innovantes

Ils découvrent pourquoi les vaccins protègent moins les plus de 65 ans et proposent des solutions innovantes

by Sophie Martin

Publié le 30 octobre 2025 à 14h28. Une étude internationale révèle les mécanismes biologiques qui expliquent pourquoi l’efficacité des vaccins diminue avec l’âge, ouvrant la voie à des stratégies de vaccination plus personnalisées et adaptées aux seniors.

  • Les lymphocytes T, des cellules clés du système immunitaire, subissent des transformations profondes avec l’âge, affectant leur capacité à déclencher une réponse immunitaire efficace après vaccination.
  • Ces changements ne sont pas liés à l’inflammation chronique, mais constituent une caractéristique fondamentale du vieillissement en bonne santé.
  • Les chercheurs ont créé un atlas complet de l’immunité humaine, cartographiant les variations de 71 types de cellules immunitaires entre 25 et plus de 90 ans.

Une recherche approfondie menée par l’Institut Allen a permis d’identifier des changements spécifiques dans le système immunitaire qui expliquent la diminution de l’efficacité des vaccins chez les personnes âgées. Publiée dans la revue Nature, cette étude offre une base biologique et moléculaire sans précédent pour comprendre pourquoi les vaccins, tels que ceux contre la grippe ou la COVID-19, sont moins protecteurs chez les plus de 65 ans.

Les résultats mettent en évidence des transformations profondes qui affectent les lymphocytes T au fil du temps. Ces cellules, essentielles à la défense immunitaire et à la production d’anticorps après vaccination, modifient leur fonctionnement et leur réponse aux agents pathogènes. L’étude révèle notamment un changement dans le profil d’expression génétique de ces lymphocytes vers un type appelé « Th2 », qui influence directement l’activité des cellules productrices d’anticorps.

Contrairement aux hypothèses précédentes, cette détérioration immunitaire liée à l’âge ne serait pas principalement causée par une inflammation chronique.

« Nous avons été surpris de constater que l’inflammation n’entraîne pas un vieillissement en bonne santé. Nous pensons que l’inflammation est causée par des facteurs indépendants de l’âge d’une personne »,

Claire Gustavson, chercheuse principale de l’Institut Allen

Cette découverte s’appuie sur la création d’un Atlas de la santé immunitaire humaine, une carte complète décrivant les variations de 71 types de cellules immunitaires entre 25 et plus de 90 ans. Pour établir cet atlas, les scientifiques ont utilisé des techniques de pointe telles que le séquençage génétique d’une seule cellule et la protéomique, analysant plus de 16 millions de cellules et constituant ainsi la plus vaste base de données mondiale sur le vieillissement immunologique.

Selon Jane Buckner, présidente de l’Institut de recherche Benaroya, cette étude est le fruit d’une collaboration entre plusieurs centres de recherche et de l’engagement des participants.

« Cette recherche montre que le travail collaboratif peut transformer notre compréhension du système immunitaire, aujourd’hui et à l’avenir »,

Jane Buckner, présidente de l’Institut de recherche Benaroya

Les chercheurs envisagent désormais plusieurs pistes pour améliorer l’efficacité des vaccins chez les personnes âgées, notamment le développement de vaccins « personnalisés » adaptés au profil immunologique de chaque patient, ou encore l’utilisation d’outils d’édition génétique, comme la technologie CRISPR, pour restaurer la fonction des lymphocytes T avant la vaccination. Ces avancées pourraient permettre de concevoir des stratégies de vaccination plus ciblées et plus efficaces pour protéger les populations vulnérables.

Les données issues de cette étude seront mises à disposition de la communauté scientifique internationale afin de favoriser de nouvelles recherches sur l’immunité humaine et les maladies liées au vieillissement.

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