Home SantéIls découvrent pourquoi une commotion cérébrale augmente le risque de maladie d’Alzheimer (et comment la prévenir)

Ils découvrent pourquoi une commotion cérébrale augmente le risque de maladie d’Alzheimer (et comment la prévenir)

by Sophie Martin

Publié le 29 décembre 2025 à 06:41:00. Une équipe de chercheurs américains a identifié un mécanisme par lequel un traumatisme crânien, même léger, peut augmenter le risque de développer la maladie d’Alzheimer, ouvrant la voie à de potentielles stratégies de prévention.

  • Un traumatisme crânien léger peut induire des changements cérébraux favorisant l’apparition de la maladie d’Alzheimer.
  • La réparation du système de drainage cérébral après un traumatisme pourrait limiter le développement de la maladie.
  • Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour valider ces découvertes et développer des traitements efficaces.

Des chercheurs de la faculté de médecine de l’Université de Virginie (États-Unis) ont mis en lumière un lien crucial entre les traumatismes crâniens et le développement de la maladie d’Alzheimer. Leurs travaux suggèrent que même une seule commotion cérébrale peut déclencher des processus délétères dans le cerveau, augmentant significativement le risque de cette maladie neurodégénérative.

Le Dr John Lukens, directeur du centre de recherche translationnelle familiale UVA Harrison sur la maladie d’Alzheimer et les maladies neurodégénératives, explique que ces recherches révèlent comment un traumatisme crânien peut faciliter l’apparition de la maladie d’Alzheimer. L’équipe a également démontré qu’il était possible de prévenir ces changements chez des souris de laboratoire en utilisant un virus modifié pour délivrer des substances réparatrices aux méninges, les membranes protectrices du cerveau.

« Nos résultats indiquent que réparer le drainage cérébral après un traumatisme crânien peut constituer une stratégie indispensable pour limiter le développement de la maladie d’Alzheimer à des stades ultérieurs de la vie »

Dr John Lukens, directeur du centre de recherche translationnelle familiale UVA Harrison

Les traumatismes crâniens augmentent considérablement le risque de maladie d’Alzheimer et d’autres affections neurodégénératives, mais les mécanismes sous-jacents restaient jusqu’à présent mal compris. Les nouvelles recherches de l’équipe du Dr Lukens mettent en évidence le rôle des vaisseaux lymphatiques cérébraux, découverts en 2015 par des neuroscientifiques de l’UVA. Ces vaisseaux, situés dans les méninges, sont essentiels au nettoyage et à la protection du cerveau.

L’étude révèle que le traumatisme crânien accélère l’accumulation de la protéine tau, une marqueur pathologique clé de la maladie d’Alzheimer. Cette accumulation n’est pas limitée à la zone de la blessure, mais affecte l’ensemble du cerveau. Les chercheurs ont également observé des modifications néfastes de l’activité des macrophages, des cellules immunitaires qui jouent un rôle crucial dans la défense et l’élimination des déchets cérébraux.

Les scientifiques ont pu identifier une fenêtre thérapeutique cruciale : agir dans les 24 heures suivant la blessure pour protéger le cerveau et restaurer la fonction des vaisseaux lymphatiques. Ils ont utilisé un vecteur viral modifié pour délivrer une substance appelée VEGFC (facteur de croissance lymphatique) directement dans les méninges. Cette substance, naturellement produite par l’organisme, favorise la croissance et la réparation des vaisseaux lymphatiques, et son administration a permis de prévenir la production excessive de protéine tau.

« Cette recherche renforce notre compréhension de certaines des conséquences dévastatrices à long terme d’une lésion cérébrale et sa relation avec les maladies neurodégénératives. Les traumatismes crâniens sont une condition pour laquelle nous disposons actuellement de très peu d’interventions médicales, donc une cible thérapeutique potentielle est très prometteuse. »

Dr Ashley Bolte, médecin de l’UVA et membre de l’équipe de recherche

Bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires avant de pouvoir appliquer cette approche chez l’homme, les scientifiques se montrent optimistes quant à son potentiel pour prévenir la neurodégénérescence liée aux traumatismes crâniens. Ils soulignent que cette stratégie pourrait également être bénéfique dans la prévention d’autres maladies neurologiques, telles que la sclérose latérale amyotrophique (SLA), la maladie de Parkinson et l’encéphalopathie traumatique chronique (ETC). En savoir plus sur les nouvelles cibles thérapeutiques pour les lésions cérébrales traumatiques.

Le Dr Lukens souligne que la fonction cérébrale peut évoluer plusieurs années après une lésion et que l’exploration de la restauration du drainage cérébral après un traumatisme pourrait offrir une protection contre un large éventail de maladies neurodégénératives.

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