Publié le 7 octobre 2025. Face à l’augmentation inquiétante de l’obésité infantile et de ses conséquences cardiovasculaires, l’hôpital Virgen Macarena de Séville poursuit son programme de consultations multidisciplinaires spécialisées, offrant un accompagnement personnalisé aux familles concernées.
- Une consultation pédiatrique multidisciplinaire dédiée aux enfants à risque cardiovasculaire a dépassé sa première année à l’hôpital Virgen Macarena.
- Environ 22 % des enfants en Andalousie sont concernés par l’obésité, un chiffre qui suscite une vive inquiétude chez les professionnels de santé.
- L’approche de cette consultation repose sur une prise en charge globale, impliquant nutritionnistes, pédiatres et autres spécialistes, afin de modifier les habitudes de vie des enfants et de leurs familles.
L’obésité infantile est devenue un problème de santé publique majeur, avec des conséquences potentiellement graves sur la santé cardiovasculaire des jeunes patients. L’hôpital Virgen Macarena de Séville a mis en place, il y a un an, une consultation pédiatrique multidisciplinaire pour répondre à ce défi croissant. Cette initiative vise à identifier et à accompagner les enfants présentant un risque élevé de développer des pathologies telles que la dyslipidémie, l’hypertension artérielle et le diabète.
L’augmentation significative des cas d’obésité infantile observée au cours des dix dernières années a conduit à la création de ce service spécialisé. Selon les estimations, 22 % des enfants andalous sont aujourd’hui en situation d’obésité, un chiffre particulièrement préoccupant à Séville.
« L’idée est née de la constatation, dans nos consultations de digestologie, d’endocrinologie et de néphrologie, d’un nombre croissant de patients obèses, pris en charge de manière isolée. Nous avons alors estimé qu’une approche coordonnée et multidisciplinaire serait plus efficace pour fournir des recommandations claires aux patients et réduire le risque cardiovasculaire à l’âge adulte. »
Elena Pérez, promotrice et coordinatrice de l’initiative
Actuellement, 67 enfants bénéficient de ce suivi personnalisé. L’un des éléments clés de cette consultation est la présence d’une nutritionniste, indispensable pour aider les familles à adopter une alimentation équilibrée.
« Il est fréquent que les familles ne soient pas conscientes des erreurs alimentaires qu’elles commettent. Nous leur fournissons des conseils et une motivation pour améliorer leurs habitudes alimentaires. Les résultats sont très encourageants. »
Elena Pérez, pédiatre
Le Dr Pérez souligne l’ampleur du problème : « L’obésité est une véritable pandémie mondiale. Nous voyons de plus en plus d’enfants avec un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 30. Nous avons des enfants de 12 ans qui pèsent 100 kilos, c’est alarmant. » Elle insiste également sur l’importance de prendre en compte les aspects psychologiques liés à l’obésité.
La consultation s’adresse aux enfants présentant un périmètre abdominal supérieur au 95e centile et cumulant au moins deux facteurs de risque tels que l’hypertension artérielle, la dyslipidémie ou une prédisposition au diabète. Le syndrome métabolique ne peut être défini qu’à partir de l’âge de 10 ans, ce qui permet d’évaluer les risques à long terme.
Le profil type des patients accueillis est celui d’enfants sédentaires, passés devant des écrans de manière excessive, souvent en mangeant, sans activité physique régulière. Il est essentiel de sensibiliser les familles aux risques encourus, en particulier celles ayant des antécédents cardiovasculaires.
« Il est crucial de changer les habitudes non seulement de l’enfant, mais aussi de toute la famille. Nous promouvons un mode de vie sain et un régime méditerranéen, sans imposer de régime restrictif, mais en encourageant une alimentation équilibrée. »
Elena Pérez, responsable de l’unité
La prise en charge de ces jeunes patients nécessite patience et persévérance. Il s’agit d’un processus de longue haleine, qui ne peut se résumer à une perte de poids rapide. L’objectif est d’encourager les enfants à adopter un mode de vie plus actif et une alimentation plus saine, en fixant des objectifs réalisables à court terme, comme manger trois portions de légumes par jour, consommer trois fruits et pratiquer une activité physique régulière.
Une fois les premiers progrès réalisés, il est important de consolider ces acquis et d’encourager les enfants à poursuivre leurs efforts. « Il faut être réaliste. Nous avons des patients sédentaires qui n’aiment pas le sport, il ne faut pas leur imposer un programme d’entraînement intensif dès le départ », conclut Elena Pérez.
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