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– Je pensais que j’allais mourir

by Clara Dubois

Publié le 5 novembre 2025 à 21h37. Des coupes budgétaires de 19 millions de couronnes norvégiennes (environ 1,7 million d’euros) sont prévues dans la psychiatrie infantile et juvénile de l’hôpital universitaire d’Oslo, suscitant l’inquiétude quant à l’accès aux soins et la qualité de l’accompagnement des jeunes patients.

  • L’hôpital universitaire d’Oslo envisage de réduire de 19 millions de NOK les budgets alloués à la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent.
  • Les réductions de personnel pourraient entraîner une diminution du nombre de lits disponibles, malgré les promesses gouvernementales d’amélioration des services de santé mentale.
  • La construction de nouveaux hôpitaux et les coûts liés à la plateforme de santé sont pointés du doigt comme des facteurs contribuant à ces coupes budgétaires.

Des parents d’enfants suivis en psychiatrie s’alarment face à ces coupes budgétaires imminentes. « Mon enfant n’a eu droit à un lit qu’une fois sa maladie devenue critique », témoigne un proche, exprimant son inquiétude quant à la saturation du système de soins. Les 15 millions de couronnes de réduction prévus affecteront principalement l’unité de jour et les services d’urgence, qui sont au plus près des familles.

Avec seulement six lits disponibles pour les admissions programmées et cinq aux urgences, l’hôpital universitaire d’Oslo doit répondre aux besoins de 30 000 jeunes dans la capitale norvégienne. Les représentants syndicaux craignent que ces coupes budgétaires ne compromettent davantage la capacité de l’hôpital à assurer un suivi adéquat des patients.


INDIGNATION DES PROCHES : Les familles estiment qu’il est inacceptable de réduire les budgets de la psychiatrie infantile et juvénile alors que le gouvernement promet des investissements dans le secteur. L’hôpital universitaire d’Oslo devra réduire ses effectifs l’année prochaine. Photo : Jon T. Pedersen / Dagbladet

Ces coupes budgétaires interviennent alors que le gouvernement norvégien avait annoncé un plan décennal prévoyant une augmentation de 3 milliards de couronnes (environ 270 millions d’euros) pour les soins de santé mentale. Ce plan visait notamment à renforcer les services d’urgence et à augmenter le nombre de lits disponibles.

« Poursuivre et renforcer les efforts en faveur de la santé mentale des enfants et des jeunes est d’une importance fondamentale pour garantir la sécurité des enfants et des jeunes dans notre société d’aujourd’hui. »

Jonas Gahr Støre, Premier ministre norvégien

La construction du nouvel hôpital universitaire d’Oslo est également pointée du doigt. Birgit Aanderaa, représentante syndicale, estime que les contraintes financières liées à ce projet ont un impact direct sur les budgets alloués à la psychiatrie. Selon elle, le modèle économique actuel, qui oblige l’hôpital à épargner pour financer ses propres investissements, est en train de compromettre la qualité des soins.


CRITIQUE : Birgit Aanderaa, représentante syndicale de l’hôpital universitaire d’Oslo, lors d’une discussion avec le président du conseil d’administration de Helse Sør-Øst RHF en 2019, après la décision de fermeture d’Ullevål. Elle a toujours estimé que les plans du nouvel hôpital universitaire d’Oslo comportaient trop de risques et pouvaient nuire aux soins aux patients. Photo : Jo E. Brenden / NTB

L’introduction de la plateforme de santé commune, Helseplattformen, est également remise en question. Anne Breiby, ancienne directrice de l’hôpital St Olav, dénonce les coûts importants et les problèmes de sécurité liés à ce système, qui ont, selon elle, affecté la qualité des soins. Le Bureau National d’Audit a estimé en 2024 que 6,7 milliards de couronnes (environ 590 millions d’euros) avaient déjà été dépensés pour la plateforme, pour un budget initial de 4,1 milliards de couronnes (environ 360 millions d’euros).

La question du modèle économique des hôpitaux norvégiens est au cœur du débat. Plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer le manque d’autonomie des établissements et le rôle des organismes régionaux de santé (RHF) dans la prise de décision. Les critiques pointent également du doigt les salaires élevés des dirigeants des RHF, qui sont considérés comme excessifs.

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