La Banque du Canada a poursuivi sa politique d’assouplissement monétaire en abaissant son taux directeur de 0,25 point de pourcentage, une décision motivée par les tensions commerciales avec les États-Unis et un ralentissement économique plus prononcé que prévu. Cette nouvelle baisse, la septième depuis juin 2024, porte la réduction cumulée à 2,75 points de pourcentage, mais la banque centrale signale qu’elle pourrait en faire davantage si la conjoncture économique se détériore.
Comme attendu, le taux directeur s’établit désormais à 2,25 %. La Banque du Canada justifie cette décision par « les mesures commerciales américaines et l’incertitude qui y est associée », qui ont un impact négatif sur des secteurs clés tels que l’automobile, l’acier, l’aluminium et l’industrie du bois. Le produit intérieur brut (PIB) canadien a diminué de 1,6 % au deuxième trimestre de l’année, et les perspectives de croissance restent faibles pour le reste de l’année.
Bien que la banque centrale reconnaisse que des mesures de soutien gouvernementales sont en cours, elle souligne que le marché du travail demeure fragile, avec un taux de chômage atteignant 7,1 %, son niveau le plus élevé depuis quatre ans. Les prévisions de croissance économique sont modestes : 1,2 % pour 2024, 1,1 % pour 2025 et 1,6 % pour 2026, des chiffres légèrement inférieurs aux attentes du consensus Bloomberg (1,2 %, 1,2 % et 1,9 % respectivement).
La Banque du Canada estime que le taux directeur actuel est « à peu près au bon niveau » pour maintenir l’inflation autour de 2 % tout en soutenant l’économie pendant cette période d’ajustement structurel. Cela suggère une pause dans les baisses de taux lors de la prochaine réunion de politique monétaire en décembre. Cependant, compte tenu des difficultés économiques rencontrées par le Canada – dont une forte dépendance aux exportations vers les États-Unis (trois quarts du total) et un niveau d’endettement élevé des ménages – la banque centrale n’exclut pas une nouvelle baisse de taux au début de l’année 2026. Les marchés financiers attribuent actuellement une probabilité de 50 % à ce scénario d’ici avril.
L’annonce n’a pas provoqué de réaction significative sur le marché des changes. Le dollar canadien (CAD) a suivi l’évolution du dollar américain, avec un léger gain suite à la décision de la Banque du Canada. Le huard a montré une certaine résilience face aux tensions commerciales, et la prudence de la banque centrale quant à de nouvelles baisses de taux a contribué à soutenir sa valeur. Néanmoins, des risques baissiers persistent, notamment en cas de détérioration des relations commerciales ou de nouvelles données économiques décevantes, ce qui pourrait inciter les investisseurs à anticiper d’autres assouplissements monétaires.
Les analystes d’ING prévoient un taux de change de 1,38 USD/CAD d’ici la fin de l’année, mais estiment que cette prévision reflète la faiblesse du dollar américain plutôt que la force du dollar canadien. Ils anticipent un potentiel de hausse plus important pour d’autres monnaies du G10 par rapport au huard.
