Publié le 29 octobre 2025. La Chine et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) ont relevé d’un cran leur coopération économique en signant une mise à niveau de leur zone de libre-échange, une initiative qui promet de dynamiser les échanges et d’ouvrir de nouvelles perspectives pour les entreprises des deux régions.
- La mise à niveau 3.0 de la Zone de libre-échange Chine-ASEAN (CAFTA) élargit la coopération à neuf domaines clés, allant du numérique à l’environnement.
- Le Premier ministre chinois Li Qiang a souligné l’importance de cet accord pour renforcer le multilatéralisme et construire un marché régional intégré.
- Des experts estiment que cette nouvelle version du CAFTA favorisera le développement de haute qualité et offrira de meilleures opportunités aux petites et moyennes entreprises (PME).
La signature du protocole de mise à niveau du CAFTA 3.0 s’est déroulée le 28 octobre 2025 à Kuala Lumpur, en Malaisie, en présence des Premiers ministres chinois Li Qiang et malaisien Anwar Ibrahim. Les ministres du Commerce des deux pays, Wang Wentao (Chine) et Tengku Zafrul Abdul Aziz (Malaisie), ont officiellement apposé leurs signatures sur le document, sous le regard du secrétaire général de l’ASEAN, Kao Kim Hourn.
Au-delà de la réduction des droits de douane et de la simplification des procédures commerciales, le CAFTA 3.0 ambitionne de renforcer la coopération dans neuf domaines stratégiques : l’économie numérique, l’économie verte, la connectivité des chaînes d’approvisionnement, les normes et réglementations techniques, les mesures sanitaires et phytosanitaires, les procédures douanières, la concurrence, la protection des consommateurs, les PME et la coopération économique et technique.
Les deux parties s’engagent désormais à entamer les procédures de ratification nationale nécessaires à l’entrée en vigueur rapide de cet accord, a précisé le ministère chinois du Commerce. L’accord initial, conclu en 2002 et pleinement appliqué en 2010, avait déjà été mis à niveau en 2015 avec le CAFTA 2.0.
Selon le ministère chinois du Commerce, cette nouvelle version témoigne de l’engagement ferme de la Chine et de l’ASEAN en faveur du multilatéralisme et du libre-échange. Il s’agit, selon le ministère, de construire conjointement un marché régional intégré, ouvert, inclusif et fondé sur des règles, ainsi qu’un système industriel et de chaîne d’approvisionnement régional résilient, bénéfique pour tous.
Sun Xiao, secrétaire général de la Chambre de commerce internationale de Chine, a qualifié le CAFTA 3.0 d’accord de libre-échange « de haut niveau, inclusif, moderne, global et mutuellement bénéfique ».
« Il ne s’agit pas seulement d’une expansion de la coopération économique, mais aussi d’une étape clé pour aider la région à sortir de sa dépendance à l’égard de l’industrie bas de gamme et à parvenir à un développement de haute qualité. »
Sun Xiao, secrétaire général de la Chambre de commerce internationale de Chine
La mise à niveau offre également aux PME un accès plus facile aux marchés chinois et de l’ASEAN. Tan Kar Hing, vice-président du Centre d’études stratégiques régionales de Malaisie, a souligné que les PME locales peuvent désormais se connecter directement aux marchés régionaux grâce aux plateformes numériques, une véritable opportunité de « création locale, expansion régionale ».
Plusieurs secteurs devraient bénéficier en priorité de cette mise à niveau, notamment l’alimentation, les produits agricoles, le tourisme, la logistique et le commerce électronique. Suwat Techawatanawana, vice-président exécutif de la banque thaïlandaise Kasikornbank, a estimé que le CAFTA 3.0 « servira de point de départ solide pour développer l’économie numérique, le commerce électronique, l’économie verte et la durabilité, favorisant à terme la connectivité entre les PME des pays participants ».
Pour Oui Kim Leng, professeur d’économie à l’Université Sunway de Malaisie, la signature de cet accord est « une amélioration opportune non seulement pour protéger la région de la fragmentation économique mondiale et des incertitudes croissantes, mais aussi une conséquence naturelle de la promotion d’un développement inclusif au niveau régional ».
Lors du 28e Sommet Chine-ASEAN, le Premier ministre Li Qiang a annoncé que la Chine allait augmenter ses investissements dans le Fonds de coopération Chine-ASEAN, créer l’Académie numérique Chine-ASEAN, construire une plateforme de coopération sur l’intelligence artificielle et établir un centre de développement maritime et de coopération technologique. Il a également évoqué la possibilité de renforcer la coopération dans les domaines des transports, de l’économie numérique, de l’économie verte, de la prévention et de l’atténuation des catastrophes, ainsi que du changement climatique.
Le Premier ministre Li a réaffirmé la volonté de la Chine de renforcer l’alignement de ses stratégies de développement avec celles des pays de l’ASEAN et de mettre en œuvre efficacement le Plan d’action pour mettre en œuvre le partenariat stratégique global ASEAN-Chine (2026-2030). Il a également appelé à accélérer les consultations sur le Code de conduite en mer de Chine méridionale et à parvenir à sa conclusion rapide.
Enfin, le Premier ministre Li a exhorté la Chine et les pays de l’ASEAN à unir leurs forces pour faire face aux perturbations extérieures et défendre leurs droits et intérêts légitimes, en faisant preuve de confiance mutuelle et d’actions coordonnées dans un contexte international en pleine mutation.
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